Genêts - Son histoireGenêts, situé sur la rive nord de la Baie du Mont-Saint-Michel, juste en face du Mont-Saint-Michel, est une localité très ancienne dont la renommée en tant que lieu de départ des traversées de la Baie, est grandissante. Dénommée, Genitius, elle fut le port des Abrincates dont Avranches était la ville principale. C'est de là, dit-on, que s'embarqua Saint Hélier au VIème siècle pour évangéliser Jersey. Saint Aubert, évêque d'Avranches, fondateur du premier sanctuaire dédié à l'Archange Saint Michel, au VIIIème siècle, donna à la commu- |
|||
![]() |
|||
|
nauté de chanoines qu'il y installa, les biens qu'il possédait à Genêts. Cette donation fut confirmée par le duc Richard de Normandie aux Bénédictins établis au Mont depuis 966. Depuis, l'histoire de Genêts est intimement liée à celle du Mont.Genêts, baronnie des puissants abbés du Mont, joua un rôle actif et connut alors une grande prospérité au Moyen-Age. C'était le chef-lieu d'un doyenné qui s'étendait sur vingt sept paroisses et d'une sergenterie royale qui comprit jusqu'à trente six paroisses. Genêts avait son prieuré, résidence du représentant de l'Abbé du Mont, ainsi qu'un tribunal avec son sénéchal pour rendre la justice, un Hôtel-Dieu pour l'accueil des pèlerins, une léproserie. Son église est le seul monument qui témoigne de ce passé fameux. Les pèlerins qui se rendaient au Mont par les voies montoises se regroupaient à Genêts avant de traverser les grèves, ultime étape. Ils y étaient accueillis, soignés et hébergés. De très illustres visiteurs y firent halte. En 1064, Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, s'y arrêta avant d'aller combattre le duc de Bretagne. Robert de Courteheuse s'y installa pour assiéger son frère retiré au Mont. Le séjour d'Henri II Plantagenêts, roi d'Angleterre et ami de Robert de Thorigny, le puissant abbé du Mont , fut l'occasion de belles cérémonies. Cette visite mémorable eut pour conséquence l'accroissement des droits et privilèges accordés à Genêts, plus tard confirmés par les rois de France après le rattachement de la Normandie à la France. Ses foires et marchés étaient renommés. On y usait de poids et mesures particulières dites "mesures de Genêts". Des Halles furent construites. Sept moulins à eau et trois moulins à vent attestaient de son activité. Son port fut jusqu'à la fin du Moyen-Age, le plus important de la région, profitant des exemptions accordés au trafic et à la navigation de ses marins. Avec les pèlerinages, les marchés, le port, le chantier naval, ses fonctions administratives et hospitalières, Genêts était une cité très active, dont la population atteignit environ trois mille âmes au XIVème siècle. La guerre de Cent Ans apporta son lot de vicissitudes. Pillée et rançonnée dès 1356, Genêts eut à souffrir des Bretons, puis des Navarrais avant d'être occupée par les Anglais pendant 28 ans de 1423 à 1450 qui en firent leur base arrière pour assiéger le Mont. Après la défaite des Anglais, grâce à l'efficacité des abbés du Mont, Genêts pansa ses plaies. Les pèlerinages se développèrent, le commerce reprit et l'église fut embellie par les abbés-barons du Mont. Genêts perdit ses puissants protecteurs quand l'Abbaye fut dirigée par des commendataires résidant rarement au Mont. Les pèlerinages se ralentirent, le port envasé, concurrencé par celui de Granville fut peu à peu abandonné. Eprouvée par les guerres de Religions, pillée, dévastée, la cité continua à décliner. Le maintien des privilèges pour les salines de l'Avranchin, pays de quart-bouillon, préservait l'ultime ressource de la cité. Le souvenir de la révolte des Nu-Pieds sous Louis XIII persiste encore sans que la participation de sauniers de Genêts n'ait pu jusqu'alors être prouvée. Il y aurait eu une cinquantaine de salines entre les Godons et le Manet. Mais en 1758, à l'occasion d'une marée exceptionnelle, la mer emporta trente-cinq salines et détruisit tout un quartier de Genêts. Le bourg s'endormit. Après la révolution, elle perdit son sénéchal, sa sergenterie, ses foires, ses privilèges même celui de quart bouillon. Sartilly devient le chef-lieu de canton. Ayant recouvré sous Louis XVIII, un régime fiscal plus avantageux, les salines connurent encore une relative prospérité. Les facilités de communication mirent en concurrence le sel lignifère de l'Avranchin avec celui des autres régions. La demande se raréfia. Les salines régressèrent puis disparurent en 1865. Depuis, l'activité agricole s'est raréfiée. Les mareyeurs ont remplacé les pêcheurs. Aujourd'hui, le bourg possède encore bien des attraits. Son site est renommé, la bourgade blottie au bord de l'herbu a bien du charme. Les traversées de la Baie se développent, les pèlerinages s'intensifient. Genêts si proche de la Baie et du Mont, a un bel avenir. |
|||