Le littoral de la baie
Une démarche participative en baie du Mont-Saint-Michel pour construire ensemble un projet de développement durable
- Sauvegarder et mettre en valeur la Baie ne peut se faire sans vous, acteurs de ce territoire. Habitants, professionnels, associations… nous devons construire ensemble l’avenir de la Baie.
- Les « Journées de la Baie »
- Des rendez-vous à noter
Rapport Moral Août 2005 - II - La qualité des paysages en bordure de Baie
a - Le projet de voie verte Granville-Cancale
b - Camping-cars :
c - Aménagement du Bec d’Andaine
d - Plaidoyer en faveur de la réglementation des rassemblements des grands troupeaux de moutons à proximité des habitations
Rapport Moral Août 2004 - III - La qualité des paysages en bordure de Baie
a - Offensive des constructeurs et installateurs d’éoliennes à proximité du Mont-Saint-Michel
b - Le stationnement des camping-cars en site classé doit être limité
c - Oui à la voie verte de Granville à Cancale mais attention à ne pas fragiliser la bordure littorale
d - L’aménagement du Bec d’Andaine, un projet mal préparé et présenté par tranches successives
Rapport Moral Juillet 2003 - III - La qualité des paysages en bordure de Baie
- Généralités
- Le suivi de l’opération grand site : l’AGEB renouvelle ses recommandations déjà formulées
- Points particuliers
1- L’aménagement du Bec d’Andaine
2- L’interdiction du stationnement prolongé des camping-cars en site classé doit être respectée
3- Tombelaine n’est pas une réserve naturelle. L’accès doit en être limité pour en préserver le mystère
4 - Le projet d’implantation d’un massif d’éoliennes à Massey a été retiré
Une démarche participative en baie du Mont-Saint-Michel pour construire ensemble un projet de développement durable
Sauvegarder et mettre en valeur la Baie ne peut se faire sans vous, acteurs de ce territoire. Habitants, professionnels, associations… nous devons construire ensemble l’avenir de la Baie.
Avec 24 autres sites en France, la Baie est désormais un territoire expérimental, dans la continuité de l’Opération Grand Site, pour développer un projet de développement durable et proposer des innovations pour une meilleure cohabitation des multiples activités en Baie.
C’est pourquoi nous allons vous proposer régulièrement, au cours des dix-huit mois à venir, des rendez-vous afin de réfléchir avec vous sur les menaces et enjeux qui existent sur la baie du Mont-Saint-Michel et proposer in fine un plan d’actions. Notre attention se portera sur la Baie maritime, la frange littorale et son arrière-pays, en croisant nos regards avec l’ensemble des collectivités et porteurs de projets qui œuvrent d’ores et déjà en baie du Mont-Saint-Michel : les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) portés par le pays de Saint-Malo en Ille-et-Vilaine et le pays de la Baie dans la Manche, les Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux (Côtiers granvillais, Sée, Sélune, Couesnon, Marais de Dol), Natura 2000, le Rétablissement du Caractère Maritime du Mont-Saint-Michel, la gestion du Domaine Public Maritime (DPM)…
De nombreux acteurs interviennent en effet en Baie et la démarche initiée par les deux départements a pour objectif de faire converger les
projets sur lesquels ils interviennent, vers un équilibre entre activités humaines et qualité de l’environnement.
Les « Journées de la Baie »
Le premier temps fort de cette démarche à destination des acteurs de la Baie, s’est déroulé le dernier week-end d’octobre. La première édition de ces « Journées de la Baie » a été une réussite, au regard des nombreux participants accueillis sur les deux jours et des retours des partenaires qui nous ont accompagnés pour organiser cet événement à l’échelle de la Baie. Au cours de la première journée, les équipes de scientifiques travaillant sur la Baie ont présenté l’état d’avancement de leurs recherches, permettant d’instaurer ainsi un dialogue entre participants à partir de connaissances scientifiques. Les échanges ont été riches et ont permis aux personnes présentes de faire part de leurs interrogations, leurs inquiétudes et leur volonté de transmettre une Baie de qualité aux générations futures. La 2e journée quant à elle était consacrée à des randonnées sur le terrain, pour découvrir avec des professionnels de la Baie, sa richesse et sa diversité. Les sujets ainsi abordés ont été la qualité de l’eau, la gestion des marais avec les agriculteurs et les chasseurs, les paysages, les produits du terroir, les activités sur l’estran…
Vous pouvez retrouver les présentations des scientifiques et les actes de ces rencontres sur le site Internet www.baie-mont-saint-michel.fr, rubrique Gestion Intégrée de la Zone Côtière.
Des rendez-vous à noter
Si vous n’avez pas pu assister à ces « Journées de la Baie » et que vous souhaitez vous associer à la mise en valeur de la Baie, il n’est pas trop tard ! Nous vous invitons à participer aux prochaines rencontres, les Forums de la Baie, que nous organisons en janvier et février 2006. Ces réunions auront pour but de définir ensemble, à partir de votre vision de la Baie, les points forts et les points faibles de votre territoire de vie. A partir de ce diagnostic, d’autres forums auront lieu en mars et avril pour déterminer les enjeux et finaliser le diagnostic, pour amorcer
à la rentrée prochaine un travail par thématiques transversales à l’échelle de la Baie, de Granville à Cancale.
Vous serez informés des lieux et dates de ces réunions dans la presse locale et sur le site Internet. Nous vous encourageons à venir nombreux exprimer vos perceptions et vos attentes pour la Baie. Nous sommes tous concernés !
L’Association Interdépartementale : Maison de la Baie Relais de Courtils 50 220 COURTILS
Tel : 02 33 58 47 87 Fax : 02 33 60 93 23
Courriel : contact@baie-mont-saint-michel.fr
abonnez-vous à la newsletter sur le site Internet www.baie-mont-saint-michel.fr
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Rapport Moral Août 2005 - II - La qualité des paysages en bordure de Baie
La bordure littorale continue à attirer les amoureux de la Baie. Mais une promotion trop forte de cet espace et un développement inconsidéré du tourisme risqueraient d’en altérer le charme et de banaliser cet endroit unique au monde. Parmi les points ayant retenu encore notre attention cette année et provoqué notre intervention, citons :
a - Le projet de voie verte Granville-Cancale
Le principe en est excellent, toutefois sa réalisation dans le fond de Baie doit être modifiée afin d’éviter l’uniformisation et la banalisation d’un espace remarquable, classé et inscrit au Patrimoine mondial.
L’an dernier, nous vous avons déjà entretenus de ce projet lancé par les départements de la Manche et de l’Ille-et-Vilaine, entre Granville et Cancale pour permettre aux cyclistes, marcheurs, cavaliers et autres de découvrir la région sur une voie interdite aux véhicules motorisés.
De Granville à Genêts, le tracé envisagé qui se cale dans l’arrière-pays et même par endroit reprend le tracé de l’ancienne voie de chemin de fer ne soulève pas d’objections.
En revanche, en fond de Baie, sa réalisation poserait bien des problèmes. A partir du Manet, au sud du bourg de Genêts, le tracé est calé sur le littoral, à quelques exceptions près. Cette voie d’une largeur de cinq mètres serait aménagée sur trois mètres pour permettre la circulation des piétons, des vélos, des chevaux et des handicapés. Que de monde ! Une procession bien hétéroclite.
Après discussion dans le cadre de notre comité, nous avons renouvelé aux autorités nos réserves.
- Du sud de Genêts au Mont à quelques exceptions près, le tracé calé sur le littoral se situerait souvent sur le domaine public maritime, coïncidant fréquemment avec le GR 22, il longerait les estuaires de la Sée et de la Sélune et les herbus.
Le Mont et sa Baie sont inscrits au Patrimoine mondial. La France s’est engagée à préserver ce rivage en le classant et en lui accordant la qualification de site remarquable.
En incluant cet espace dans les ZNIEFF et les ZICOS et en adhérant à la convention de Ramsar, la France en a bien souligné la forte connotation écologique.
Cette large chaussée de cinq mètres parfois surélevée par rapport au niveau actuel en raison des marées aurait un impact visuel important et modifierait l’aspect de ce territoire classé.
Elle favoriserait pendant toute l’année une fréquentation de la Baie bien contraire aux engagements pris par la France de préserver cet espace remarquable.
- Pour des raisons de sécurité, le passage des chevaux souvent regroupés en reprises importantes pendant la saison, paraît incompatible avec le cheminement des piétons, surtout des enfants et les cyclistes.
Par ailleurs, la nécessité de mettre en place un système de chicanes à tous les points d’entrée pour en interdire l’accès aux motos obligerait les cavaliers à mettre pied à terre.
- La simple stabilisation de trois mètres de chaussée serait insuffisante dans le fond de Baie à forte pluviométrie pour permettre aux cyclistes de circuler aisément. En arrière-saison et en hiver, les voies simplement stabilisées sont creusées de fondrières. Si une voie est créée pour les cyclistes, il faut qu’elle soit aisément praticable en toute saison. La voie verte de Cluny citée en exemple par le Symel est recouverte d’un revêtement bitumé, interdit par la loi dans un espace remarquable comme celui de la Baie.
- Le développement du tourisme ne doit pas être concentré sur le Mont et les rivages de la Baie.
Il serait souhaitable de reporter cette voie verte en fond de Baie dans le pays, à proximité du littoral en empruntant des chemins déjà existants et en créant les maillons pour relier ceux-ci entre eux. Les vues sont belles et le patrimoine local intéressant. Le GR continuerait à être emprunté par les piétons. La contrée proche de la Baie serait valorisée, la population locale trouverait de nouvelles activités. Ce grand patrimoine naturel resterait préservé.
b- Camping-cars :
pour la réglementation des stationnements qui abîment le paysage.
Tout naturellement, les camping-caristes recherchent les plus beaux sites et les monuments remarquables. Le stationnement souvent prolongé de ces véhicules entraînent diverses nuisances, abîment les paysages allant parfois jusqu’à les dissimuler, provoquant alors la fuite d’autres visiteurs.
Pour le département de la Manche, nous attendons les résultats d‘une étude lancée en automne dernier par le conseil général de la Manche qui a pour but de concilier les nécessités du stationnement des camping-cars avec la protection des paysages et des abords de monuments.
Plus généralement, l‘intensification du tourisme en camping-cars impose la définition d’une nouvelle réglementation. Les camping-cars sont bien des véhicules légers, mais comme leur dénomination l’indique, ils sont utilisés pour faire du camping. Or le camping très réglementé en France, est interdit en de nombreux endroits. Pourquoi une telle discrimination entre celui qui campe sur ses quatre roues et celui qui est sur ses deux pieds ? Les lobbys des constructeurs de camping-cars et celui des loueurs sont-ils si puissants ?
Avec d’autres associations, nous faisons campagne pour demander que, par voie réglementaire, le maire ou le préfet soit autorisé à réglementer sur l’espace public le stationnement des camping-cars qui porterait atteinte aux paysages et aux abords des monuments remarquables.
c- Aménagement du Bec d’Andaine :
encore bien des insatisfactions et des problèmes non résolus.
L’AGEB a déjà exprimé bien haut ses souhaits concernant l’aménagement d’un parking et d’un accueil dans l’ancien parking.
La réalisation actuelle est encore incomplète et insuffisante. Les problèmes de stationnement posés en période de forte fréquentation par la capacité insuffisante du parking sur ce site classé ne sont toujours pas résolus. Les opinions des diverses autorités intervenantes divergent. L’implantation d’un parking de longue durée en site classé nécessiterait l’autorisation du ministre compétent. Certains souhaitent ouvrir de nouveaux parkings à proximité ou dans le bourg de Genêts afin que celui-ci bénéficie des retombées du tourisme. Intention louable, mais nous continuons à attirer l’attention sur les problèmes posés par la sécurité en Baie qui impose des départs bien groupés à des horaires très précis et sur le coût des navettes entre le bourg et le Bec.
Quant à la renaturation de l’ancien parking, elle n’est toujours pas mise en œuvre. En fait, il ne s’agit pas de retrouver l’état antérieur, un espace libre, passage entre la terre et la grève, mais de créer un nouveau paysage avec l’édification de monticules, le creusement de dépressions et le tracé de chemins. Nous avons formulé nos observations au Conservatoire du littoral. La préférence a été accordée au concepteur du projet basé loin d’ici, peu sensible à la mémoire des lieux.
d - Plaidoyer en faveur de la réglementation des rassemblements des grands troupeaux de moutons à proximité des habitations
Sur le littoral de Saint-Léonard, d’importants troupeaux de moutons se rassemblent à certaines périodes à grande proximité des habitations. Ces grands regroupements entraînent des nuisances olfactives si fortes que certains riverains envisagent même de quitter la région.
Notre association qui se préoccupe aussi de la protection des riverains, demande que les grands rassemblements de moutons à proximité des habitations soient soumis à un régime d’autorisation.
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Rapport Moral Août 2004 - III - La qualité des paysages en bordure de Baie
Les nouvelles activités qui s’exercent en bordure littorale pourraient en modifier l’apparence. Nous avons tenté d’en prévenir les effets pernicieux. Notre attention s’est portée plus particulièrement sur les points suivants :
a - Offensive des constructeurs et installateurs d’éoliennes à proximité du Mont-Saint-Michel
Les abords de la Baie attirent de plus en plus les installateurs d’éoliennes. La SIIF Energies France renouvellerait son projet d’installation à Macey. La Société d’Energies Renouvelables (SER) étudie un projet d’installation d’une importante ferme d’éoliennes d’une hauteur de cent vingt mètres, pales déployées, sur quatre sites, Argouges, La Croix Avranchin, Villers-le-Pré, Carnet, localités distantes de douze à quinze kilomètres de la Baie.
Le refus d’autorisation par le préfet de l’installation d’une éolienne à Lolif, situé à environ douze kilomètres du Mont, fait l’objet d’un recours devant le Tribunal administratif.
Si ces éoliennes étaient installées, elles seraient très visibles à la fois de ceux qui regardent vers la Baie, des visiteurs du Mont, des promeneurs en Baie et des habitants de la région. Par un effet d’échelle, la perception du paysage serait bouleversée. Et souvent,, il y aurait un problème de covisibilité.
Nous avons multiplié les démarches auprès des autorités départementales, régionales, ministérielles, sollicitant l’appui des grandes associations nationales pour demander que les éoliennes de grande hauteur ne puissent être implantées dans la zone proche du Mont. La valeur de ce paysage est une des composantes de l’intérêt général. Il s’agit ici d’un paysage reconnu dans le monde entier. Pour l’opinion publique nationale et internationale, le Mont et sa Baie sont inséparables de leur écrin paysager.
Le conseil général de la Manche a fait paraître un guide pour une implantation raisonnée des éoliennes dans le département. Le document précédé d’une étude paysagère de qualité est fort bien fait. Mais il ne s’agit pas de prescriptions, seulement de la formulation de recommandations.
Nous nous inquiétons du dépôt d’une proposition de loi de monsieur Ollier, visant à donner aux maires le pouvoir d’accorder les permis pour les installations industrielles, dont les éoliennes. De grandes associations sont intervenues pour contrer ce projet. Le président Jean-François Legrand nous a fait savoir que les sénateurs avaient refusé cette disposition. Néanmoins, nous restons vigilants craignant que les députés ne la rétablissent.
b - Le stationnement des camping-cars en site classé doit être limité
Les camping-cars sont de plus en plus nombreux, beaucoup stationnent de jour et de nuit en site classé, le dénaturant. La réglementation concernant les sites classés telle qu’elle nous a été présentée par les autorités distingue deux catégories : sur les propriétés privées, le stationnement des camping-cars en site classé est interdit car il s’apparente alors au camping qui est prohibé, en revanche sur le domaine public où le pouvoir de police appartient au maire, le stationnement est autorisé sauf arrêté contraire. Dans ce dernier cas, il est interdit aux camping-caristes de déborder du cadre du véhicule par exemple en installant un auvent ou une table, ce serait alors du camping, ce qui est interdit.
Comme nous le disions plus haut, la valeur des paysages est une des composantes de l’intérêt général. Il convient donc que le pouvoir législatif encadre le stationnement des camping-cars en site classé afin de préserver la découverte des paysages. Nous avons commencé à plaider en ce sens auprès des autorités.
c - Oui à la voie verte de Granville à Cancale mais attention à ne pas fragiliser la bordure littorale
Pour développer encore le tourisme dans la Baie, les départements envisagent de créer une voie verte de Cancale à Granville. Le département de la Manche a présenté un projet de voie verte qui emprunterait le chemin littoral situé sur le territoire maritime dans le fond de la Baie, s’en écarterait toutefois autour de Genêts et se calerait dans l’arrière-pays à partir de Champeaux. Cette voie verte d’une largeur de cinq mètres serait aménagée sur une largeur de trois mètres pour permettre la circulation des piétons, des vélos, des chevaux, des handicapés. Ce mode de tourisme qui permet la découverte progressive de la région traversée a nos suffrages.
Cependant, nous avons attiré l’attention des décideurs sur les conséquences d’une utilisation prolongée de la bordure littorale déjà longée par un sentier de grande randonnée. Le défilé de piétons, vélos, chevaux exercerait une forte pression touristique qui fragiliserait cette bordure littorale et nuirait à la qualité de l’émotion du visiteur. De plus, un chemin stabilisé reviendrait à fixer autoritairement les limites du rivage du fond de la Baie qui, nous le savons tous, sont mouvantes.
Cette volonté de développer le tourisme peut se conjuguer avec la nécessité de préserver les sites des effets négatifs d’une forte pression touristique. L’effort de valorisation ne doit pas se concentrer sur l’étroite bordure littorale déjà très fréquentée mais s’exercer sur l’arrière-pays lui aussi de grande qualité, avec ses paysages, son bâti, ses monuments. La population locale autrefois adonnée à l’agriculture trouverait avec le tourisme de nouvelles activités qui la fixeraient sur place.
La Baie est unique et la région qui l’entoure mérite, elle aussi, d’être découverte.
d - L’aménagement du Bec d’Andaine, un projet mal préparé et présenté par tranches successives (il est saucissonné)
Encore une fois, nous revenons sur ce sujet dont nous avons longuement débattu lors de nos précédentes assemblées générales.
Par arrêté municipal l’accès à la voie menant à l’ancien parking du Bec a été interdit.
Nous avons continué à alerter les autorités sur la capacité du parking limitée par autorisation à 75 places environ, insuffisante par rapport à la fréquentation observée pendant la période des traversées. Pendant les beaux week-ends et l’été soit environ au moins 20 % de l’année la fréquentation est supérieure, parfois même très supérieure aux places de stationnement autorisées. Cela entraîne des débordements de voitures dans des champs et même sur le bord des routes. L’enquête de fréquentation préalable indispensable à toute édification de parking en site classé, est toujours introuvable.
Comme vous le savez, l’AGEB très soucieuse de la préservation des paysages, était favorable au maintien du parking dans l’ancien Bec avec certes, des améliorations concernant l’accueil et l’hygiène. C’était un parking en caisson parfaitement bien dissimulé aux regards, tant depuis la Baie que depuis la route. Les aménagements actuels réalisés eux aussi en site classé en raison de sa qualité paysagère, sur l’autre versant de la dune ont abîmé le paysage. Nous n’ignorons pas les exigences formulées dans la loi littoral qui, toutefois, ont été amendées. Le décret d’application en a été publié en mars 2004.
Aujourd’hui, les installations et le nouveau parking ont été réalisés. Il faut maintenant trouver une solution pour résoudre le problème posé par cette forte fréquentation qui n’est pas provoquée par un événement ponctuel comme le concert des Voix du Monde ou une grande traversée, mais qui est habituelle pendant la période des traversées, soit pendant environ 20% de l’année.
Aussi, avons-nous demandé aux autorités que les problèmes posés par la fréquentation du Bec soient désormais traités dans leur globalité avec la préoccupation primordiale pour notre association d’assurer la sécurité des promeneurs en Baie.
Cette opération conduite dans le cade de l’Opération Grand Site Baie du Mont-Saint-Michel avait vocation à être exemplaire. Pour l’instant, elle fait désordre et provoque bien des remous.
Le projet de remise en état du Bec a été présenté. Il y était prévu de créer de nouveaux monticules artificiels assortis de dépressions et d’aménager un cheminement sur une voie courbe dans un espace cerné par des clôtures. Nous avons demandé aux autorités que ce projet soit modifié pour le rendre plus conforme à l’esprit des lieux et à la réalité historique. Avant les aménagements, c’était un espace plat très légèrement bosselé, limité côté Baie, par une élévation de la dune. Cette élévation a d’ailleurs beaucoup diminué en un siècle comme en témoignent les photos et les récits des anciens. Les visiteurs viennent pour s’engager dans la Baie et non pour parcourir un espace recréé artificiellement. En revanche, la réapparition de la flore ancienne est souhaitable.
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Rapport Moral Juillet 2003 - III - La qualité des paysages en bordure de Baie
- Généralités
Les paysages du pourtour de la Baie résultent de l’état naturel façonné par les activités des riverains. Ces dernières évoluent, les pratiques agricoles changent, nombre d’entre-elles sont même abandonnées, la pêche a quasiment disparu, en revanche, le tourisme se développe. Depuis plusieurs années, l’AGEB s’interroge sur l’impact de ces changements.
Le Mont, sa Baie forment un tout indissociable, les paysages en sont l’écrin. C’est pourquoi, il importe de les préserver ce qui signifie non pas interdire toute évolution, nous ne sommes pas dans une réserve, mais l’encadrer afin de conserver ces paysages du pourtour de la Baie dont la valeur patrimoniale est reconnue dans le monde entier.
Nous continuons à intervenir auprès des acteurs de l’opération grand site, le SMET, les maires, le Conservatoire du littoral, la Région et les autorités étatiques pour que soit privilégié un tourisme de qualité compatible avec la fragilité des paysages. La préservation de ce fond de baie et le tourisme de masse sont antinomiques.
Par ailleurs, L’AGEB poursuit ses réflexions sur la nature des paysages de la Baie, leur identification, leur préservation. Alain L’Homer et Hubert Lepoutre ont présenté une conférence sur ce sujet. Pascal Billard, chargé de mission par le CAUE interviendra pour nous aider à les percevoir.
- Le suivi de l’opération grand site : l’AGEB renouvelle ses recommandations déjà formulées
1 - Diminuer la pression du tourisme intensif sur la bordure littorale afin de la préserver, ce qui suppose :
- La détermination de la capacité d’accueil de ce grand site, préalable indispensable à la détermination de la localisation des parkings et à celle de leur capacité.
- L’incitation à découvrir l’arrière-pays qui recèle bien des atouts pour diminuer la pression touristique sur la bordure littorale. Un véritable plan de circulation doit être déterminé, compatible avec la capacité d’accueil de ce grand site.
- Ouvrir de nouveaux chemins piétonniers et multiplier l’organisation de circuits en boucle à partir de petits parkings réalisés à l’extérieur de la zone côtière. Faciliter le tourisme équestre, à bicyclette.
2 - Maîtriser le bâti, en bordure de Baie :
- Dans la zone des estuaires, le littoral de Vains est construit sur le mode linéaire. Le long du rivage de la Sée, les maisons dissimulent le paysage de toute beauté. L’autorisation de bâtir de nouvelles constructions devrait être donnée après l’appréciation de leur insertion dans cet espace remarquable.
- Dans les villages et les écarts, les habitants ont de plus en plus à cœur de respecter les habitats anciens.
- Pour les constructions nouvelles, il ne s’agit pas d’imposer de façon autoritaire un type de construction. Chaque époque doit témoigner de son génie créatif et utiliser les avancées technologiques et les matériaux nouveaux. Néanmoins, il est possible de rechercher une harmonie par le choix des volumes, des matériaux, les inclinaisons des pentes des toits, le respect de certains alignements. Pourquoi pas un label Baie du Mont-Saint-Michel, à l’intention des fournisseurs. La couleur jaune sable prescrite par les autorités n’est justifiée ni par une antériorité, ni par un nouveau procédé. L’uniformisation de nos villages par décision administrative doit être bannie.
3 - Rétablir le bocage :
- La structure bocagère s’amenuise à la suite des remembrements et de l’évolution des modes de culture. Le ruissellement des eaux pluvieuses en est accéléré.
- Pour maintenir cette structure ou ce qu’il en reste, il conviendrait de favoriser la plantation de haies bocagères et des espèces traditionnelles et de ne plus autant subventionner la culture intensive du maïs.
4 - Points particuliers
1- L’aménagement du Bec d’Andaine
Notre association était si convaincue de la nécessité de préserver la zone du Bec d’Andaine qu’elle en a demandé le classement dans les années 70.
Avant les années 55, le sol où se trouve encore le parking du Bec, était bosselé, couvert d’une herbe rare. Ce n’était pas une carrière de sable en exploitation. Puis le sol a été nivelé, caillouté pour faciliter le stationnement des véhicules, des arbres ont été plantés, deux installations ont été construites.
L’aménagement actuel de la zone du Bec est réalisée dans le cadre de l’opération grand site. Dans le but de libérer l’espace dunaire, les installations et le parking ont été transférés après autorisation ministérielle, sur l’autre versant du massif dunaire, en site classé. Le Conservatoire du littoral a lancé des études pour remettre à l’état naturel la zone dunaire.
A plusieurs reprises, comme vous le savez, nous avons attiré l’attention des autorités sur les inconvénients de l’opération envisagée : banalisation et détérioration d’un paysage classé en 1987, il y a 16 ans, pour en préserver le charme et pour prévenir des atteintes du tourisme. Des véhicules offerts à la vue alors qu’ils étaient bien dissimulés dans le parking caisson du Bec. Certains aménagements concernant l’hygiène ainsi que l’accueil étaient certes indispensables. L’amendement Gaillard apporté à la loi littoral permet sous certaines conditions des aménagements dans la bande des cent mètres.
Aujourd’hui, les installations et le nouveau parking ont été réalisés. A chacun d‘apprécier les nouvelles constructions, leur disposition et leur capacité d’utilisation. Nombre d’opinions défavorables sont exprimées.
Plus préoccupante est l’insuffisante capacité du parking limitée par l’autorisation ministérielle à 75 places environ, par rapport à l’affluence constatée pendant la période estivale et les grands week-ends, périodes pendant lesquelles s’effectuent les traversées de la Baie.
Que faire des véhicules supplémentaires qui ne pourront stationner dans le parking limité à 75 places ?
- Le parking sauvage est interdit dans la zone avoisinante qui se trouve en site classé.
- L’implantation d’un parking de délestage en site classé nécessite une autorisation ministérielle et elle abîmerait encore un peu plus toute cette zone qui serait transformée en parking.
Pour des raisons de sécurité, il est préférable que les départs soient bien groupés ce qui suppose que les véhicules des marcheurs soient le plus possible rassemblés.
- L’étroitesse de la route côtière rend difficile les allées et venues de véhicules et le coût de navettes entre le bourg et le Bec serait prohibitif.
Pour préserver le paysage de cette zone classée, éviter de nouvelles actions attentatoires et garantir la sécurité des visiteurs, nous avons soumis aux autorités la solution qui consisterait en l’adoption comme parking de délestage d’une fraction de l’ancien parking, invisible de la Baie et ne se découvrant qu’au dernier moment. Par contre, les bâtiments et le parking principal seraient à plus de cent mètres du bord, conformément à la loi littoral. Ce serait un moindre mal.
On se demande comment a été montée l’opération Bec d’Andaine? Pour remplacer l’ancien parking, il faudra trois zones de stationnement, le parking de 75 places, la zone de délestage, le parking pour les cars. Déjà près de deux millions d’euros ont été engagés et ce n’est pas fini. Pour libérer un versant de la dune, l’autre versant de dune a été abîmé.
2- L’interdiction du stationnement prolongé des camping-cars en site classé doit être respectée
Le stationnement des camping-cars est interdit sur les rivages de la mer, dans les sites classés ou inscrits (art. R 443-9 C. urb.) sauf dérogation accordée par le ministre compétent.
Si cette interdiction n’est pas respectée, la prolifération du nombre des camping-cars en stationnement interdit est prévisible et quasiment encouragée. Nombre de points de vue sont ainsi gâchés. Les autres visiteurs dont la vue est obstruée par ces camping-cars ne s’arrêtent plus, pénalisant les commerçants qui souhaitent bénéficier de l’attrait qu’exerce un beau point de vue.
3- Tombelaine n’est pas une réserve naturelle. L’accès doit en être limité pour en préserver le mystère
Le sort réservé à Tombelaine nous préoccupe. La progression de la végétation interdit toute déambulation à l’exception de l’accès à la Folie, l’accès au rocher devient acrobatique. Tombelaine semble être abandonné aux oiseaux.
Il serait contraire à l’esprit des lieux que l’îlot devienne une réserve naturelle inaccessible aux hommes et autorisée à la seule gent ailée. Historiquement, Tombelaine a toujours été fréquenté.
La forte pression touristique qui se développe dans la Baie pose problème. Les passages répétitifs des grands groupes lui feraient perdre son charme et son mystère.
C’est pourquoi, nous plaidons pour une fréquentation maîtrisée, précédée d’une large concertation.
Conseil à tous ceux qui aiment Tombelaine : visitez l’exposition de Sartilly, admirez les photos d’A. Gloux.
4 - Le projet d’implantation d’un massif d’éoliennes à Massey a été retiré
La SIF avait déposé un projet d’implantation d’une barre d’éoliennes s’étendant sur 2,2 kilomètres, à Massey, distant d’environ 10 kilomètres du Mont-Saint-Michel, dans un paysage bocager plat. Leur hauteur de 110 mètres aurait été supérieure à celle de la flèche de l’Archange. Nous avons alerté les autorités et leur avons demandé de refuser ce projet en raison de son impact négatif à proximité du Mont et du précédent qu’il constituerait.
Le Préfet de la Manche nous a répondu qu’à la suite de l’avis négatif rendu par la commission des sites, au regard des contraintes paysagères très spécifiques du site et de garanties insuffisantes sur le plan de l’acoustique, la SIF avait décidé de retirer son projet.
Notre association n’est pas opposée par principe aux installations produisant de l’énergie renouvelable. Nous connaissons les engagements pris par la France à Bruxelles, à ce sujet. Par contre, nous sommes hostiles au laissez faire et nous demandons que les éoliennes ne soient pas implantées anarchiquement. La zone d’où le Mont est perceptible, définie par la ligne des Montjoie et l’A 84 devrait être préservée des implantations d’éoliennes.
La loi de janvier 2003 qui précise les dispositions régissant l’obtention des permis de construire des éoliennes, confie à la région la possibilité d’élaborer un schéma régional éolien. Une expérimentation de gestion territoriale de développement a été engagée dans la région Nord Pas de Calais, elle aussi très venteuse. La région Basse-Normandie n’a pas proposé de tel schéma.
Au titre des énergies renouvelables, la biomasse produite dans nos contrées pourrait être exploitée et procurer de nouveaux débouchés.
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