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a- Jet-skis et motos des mers
b- Tombelaine, l’Etat reprend la main
c- La préservation de l’écosystème : de sérieuses études de ressources en eaux de la Baie s’imposent
d- Les eaux de la Baie, à quand leur bon état ?
e- Natura 2000, toujours rien. Une arlésienne dans notre beau pays de l’Ouest !
f- Moules de la Baie du Mont-Saint-Michel ;
Brèves de la Baie, par Marie-Claude Manet - Bulletin n° 32
- L’évolution du trait de côte entre Saint-Jean-le-Thomas et le Bec d’Andaine continue.
- Natura 2000 en Baie du Mont-Saint-Michel : le comité de pilotage devrait bientôt se constituer.
- Remise en état du Bec d’Andaine cette année.
- Tombelaine, la réflexion n’est pas terminée.
- Programme d’études côtières : bientôt des résultats.
- Evolution générale de la Baie, les études se poursuivent.
- Voie verte
Bulletin n° 32 Le SAGE de la Sélune Michel Thoury - Président de la Commission Locale de l’Eau
- Le projet de SAGE de la Sélune
- Les objectifs de qualité du projet de SAGE
- Des actions multiples destinées à de multiples acteurs
- Quel devenir pour les barrages ?
- Perspectives 2006
Bulletin n° 32 - Rapport Moral Août 2005 - III - La Baie
a- Jet-skis et motos des mers
Toujours pas de périmètre de protection dans la zone proche du Mont.
La seule réglementation applicable est celle qui interdit pour des motifs de sécurité aux plus petits engins de s’éloigner de plus de un mile de leur point de départ et deux miles pour les plus gros engins. Des autorisations peuvent être accordées par les autorités dans le cas de manifestation programmée avec accompagnement.
b- Tombelaine, l’Etat reprend la main
L’Etat a réaffirmé ses droits de propriétaire sur l’îlot. Des crédits auraient même été prévus pour conforter la tour et autres vestiges. Les services de l’Etat ont entamé une réflexion qui devrait se concrétiser après l’été. Des modalités de gestion sont envisagées avec le tracé de circuits de visite. Par contre, la détermination des critères de sélection de la fréquentation n’est pas encore au point.
Pour notre part, nous avons continué à plaider en faveur de la préservation de ce rocher mythique, chargé d’histoire ainsi que pour un accès raisonnable et limité.
c- La préservation de l’écosystème : de sérieuses études de ressources en eaux de la Baie s’imposent
Tout au long de l’année, nous nous sommes efforcés de sensibiliser les scientifiques et les décideurs à la nécessité d’entreprendre des études sur les ressources en eaux. Les données qui nous ont été produites sont très insuffisantes.
Pour l’instant, l’accent est mis dans le cadre du programme d’études côtières (PNEC) sur la quantité de nutriments nécessaire aux moulières. Les crépidules sont de sérieux concurrents pour les moules.
Nous insistons beaucoup sur le rôle déterminant des rivières qui assurent un auto-dragage en remportant une partie des sédiments apportés par le flot. Encore faut-il que leur débit soit suffisant. Il nous semble que celui-ci diminue. Pour rechercher les causes de cette diminution, variation de la pluviométrie, prélèvements, il faudrait entreprendre des études sérieuses et éventuellement déterminer des remèdes. Nos modes de vie et nos modes d’activité nous conduisent à consommer beaucoup d’eau plus ou moins restituée sur place. En disposant de nouvelles informations sur les ressources en eau de la Baie, tant sur celles qui sont d’origine marine que sur celles qui sont d’origine tellurique, il serait peut-être possible de prendre des mesures adéquates et de ralentir l’évolution actuelle de l’ensablement.
d- Les eaux de la Baie, à quand leur bon état ?
A plusieurs reprises, nous vous avons entretenus des nouveaux moyens institutionnels mis en place sous l’impulsion donnée par les Directives européennes pour parvenir à un bon état des eaux en 2015.
Le SAGE (Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau) de la Sélune devrait être présenté prochainement. Mais les discussions avec EDF ne sont pas closes.
Par contre, le SAGE de la Sée est loin d’être élaboré. La commission locale de l’eau, la CLE de la Sée n’est pas encore constituée, les élus locaux n’étant pas parvenus à en désigner le président. La CLE est en quelque sorte le parlement local composé d’élus, de représentants d’usagers, de l’administration et d’associations qui élaborera le SAGE (schéma d’aménagement et de gestion des eaux). Nous avons demandé aux élus d’en accélérer le processus.
Nous continuons à suivre la mise en œuvre de la directive-cadre sur l’eau qui a fait l’objet d’un rapport du Muséum national d‘histoire naturelle publié sous l‘égide du professeur Jean-Claude Lefeuvre.
e- Natura 2000, toujours rien. Une arlésienne dans notre beau pays de l’Ouest !
L’opération est à nouveau retardée. La loi de février 2005 sur les territoires ruraux a confié la présidence du comité de pilotage auparavant dévolue au préfet coordinateur, à un élu désigné par un collège d’élus. Pour la Baie, le préfet de la Manche demeure le préfet coordinateur.
L’AGEB a déjà demandé de faire partie de groupes de travail sur l’inventaire des habitats et des espèces et sur l’étude approfondie des modes de fonctionnement de ce grand écosystème. En effet, l’existence des habitats et des espèces qui seront retenus, dépend de la ressource en eau et de la qualité des eaux de la Baie.
f- Moules de la Baie du Mont-Saint-Michel;
le dossier concernant la déclaration d’Appellation d’Origine Contrôlée progresse.
Les critères de qualité ont été vérifiés et les capacités d’ensemen-cement déterminées.
Par arrêté préfectoral d’Ille-et-Vilaine, un schéma de structure a été établi interdisant toute extension de bouchots. Seuls les changements d’assiette peuvent être autorisés.
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Brèves de la Baie, par Marie-Claude Manet - Bulletin n° 32
L’évolution du trait de côte entre Saint-Jean-le-Thomas et le Bec d’Andaine continue.
Au fort recul du trait de côte observé précédemment, succède en de nombreux secteurs, une certaine stabilisation. Par contre, au Bec d’Andaine, la situation reste très évolutive.
Le CRESARC poursuit ses campagnes de mesures réalisées sur sept stations. Les résultats sont publiés avec un certain décalage dans le temps sur le site : http//mer-littoral.lamanche.net.
En voici quelques résultats significatifs.
A Saint-Jean-le-Thomas, sur la plage, le sable continue à diminuer, il a même presque disparu à la plage Saint-Michel où dominent désormais les galets et les cailloux.
Entre Saint-Jean et Dragey, le plus fort recul du trait de côte a été constaté entre 1992 et 2000. A la hauteur d’Obrey, un recul de l’ordre de -45,9 mètres a eu lieu de 1992 à 2004, Depuis, il a tendance à s’atténuer, de l’ordre de 3 mètres environ.
A Dragey, au sud de l‘arrivée à la plage, le niveau du profil de plage a perdu 433 m3 de sable par mètre linéaire de 1992 à 1999, puis a enregistré un gain de 248 m3 par mètre linéaire. De même, le trait de côte qui avait reculé jusqu’en 99 s’est ensuite stabilisé pour avancer depuis 2004 d’environ 6 mètres avec une progression de la végétation.
A la station 107, entre Dragey-Ronthon et le Bec d’Andaine, le recul global de la côte observé de 1992 à 2002, est de l’ordre de -80 m. Depuis, la situation s’est stabilisée, la végétation aurait même tendance à reprendre.
Par contre, le rivage au Bec d’Andaine est toujours attaqué par la mer.
Le profil de plage a été modifié. De 1992 à 2004, une perte de sable, 1490 m3 par mètre linéaire, a été enregistrée. Cette évolution s’est encore poursuivie de septembre 2004 à septembre 2005, avec une perte de 70 m3 par mètre linéaire.
Le recul du trait de côte depuis janvier 1992 à 2004, a été de -236,6 mètres. Il s’est encore accentué de janvier 2004 à janvier 2005 d’environ 90 mètres. Le cordon dunaire a disparu. La zone arrière subit des submersions. De janvier 2005 à septembre 2005, le trait de côte aurait légèrement progressé en raison des apports de sable effectués par le vent. Selon les experts, cette progression n’est pas significative. La tendance au recul du trait de côte devrait se poursuivre en liaison avec la présence d’un chenal actif.
Natura 2000 en Baie du Mont-Saint-Michel : le comité de pilotage devrait bientôt se constituer.
Les services de l’état se sont réunis, fin décembre pour déterminer un planning des études et des recherches ainsi que la cartographie de l’opération.
Le comité de pilotage devrait se constituer prochainement sous l’égide du préfet de la Manche. Le collège d’élus en élira alors le président. Ce comité de pilotage sera composé d’élus, de représentants des collectivités, des EPIC (établissements publics de coopération intercommunale) et des associations. Les services de l’état participeront à titre consultatif. L’opérateur serait déjà pressenti.
Remise en état du Bec d’Andaine cette année.
Le conservatoire du littoral a lancé la maîtrise d’œuvre fin 2005. Deux bureaux d’études travaillent sur le sujet. Les travaux devraient débuter cette année. L’AGEB s’était alarmée d’un projet qui semblait viser plus à la création d’un nouveau paysage qu’à la reconstitution de l’état des lieux existant avant le nivelage effectué pour créer le parking. D’après les déclarations faites par les autorités, les créations de relief seront effectuées à partir des matériaux disponibles sur le site.
Tombelaine, la réflexion n’est pas terminée.
Des réunions devaient avoir lieu pour déterminer les modalités de gestion et d’accès à Tombelaine. Aucune décision n’a été prise. La réflexion se poursuit.
Programme d’études côtières : bientôt des résultats.
Le programme d'études côtières lancé en 2000 qui concerne surtout la partie ouest de la Baie se termine. La publication des résultats fera l'objet d'un colloque fin 2006 qui sera ouvert à tous.
Les données de base déjà acquises sont capitales pour la poursuite des études sur la production du phytoplancton, des algues, l'évolution des espèces cultivées, des espèces sauvages, de l'avifaune.
Dans une étape ultérieure, les connaissances portant sur les différents maillons de l'écosystème seront rassemblées dans une approche de modélisation du système qui permettrait de prévoir les conséquences des évolutions environnementales, des activités humaines, des espèces avec une attention particulière portée aux espèces invasives telles les crépidules.
Evolution générale de la Baie, les études se poursuivent.
Le laboratoire de morphodynamique continentale et côtière de l’université de Caen et du CNRS poursuit l’étude du comblement de la Baie par les sédiments depuis la dernière transgression flandrienne. L’étude des facteurs qui contrôlent la remontée du niveau, à échelle de cette dernière transgression flandrienne fait l’objet d’une thèse qui devrait être publiée prochainement. A cette occasion beaucoup de mesures ont été réalisées.
Par contre, nous n’avons pas connaissance du lancement de nouvelles études sur la dynamique des rivières dont le rôle est déterminant pour assurer partiellement un autodragage, en remportant une fraction des sédiments apportés par le flot.
Voie verte
le comité de vigilance pour la sauvegarde de la qualité du site de la Baie du Mont-Saint-Michel qui regroupe dix associations s’est réuni. Après examen du projet, il a proposé de revoir avec les autorités compétentes le tracé prévu dans le fond de la Baie.
Un communiqué de presse a été publié. La demande de révision du tracé dans le fond de la Baie a été formulée par lettre envoyée aux autorités compétentes.
M.-C. Manet.
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Bulletin n° 32 Le SAGE de la Sélune Michel Thoury - Président de la Commission Locale de l’Eau
L’élaboration du SAGE de la Sélune, entamée en 2000 est arrivée à son terme. Les membres de la Commission Locale de L’Eau ont approuvé à une large majorité le projet de SAGE qui leur a été présenté le 14 novembre dernier. Nous entrons maintenant dans une phase d’approbation de ce document par différents acteurs.
Le projet de SAGE de la Sélune
La rédaction des actions du SAGE s’est articulée autour de neuf objectifs.
La rédaction des actions du SAGE s’est articulée autour de neuf objectifs.
Trois visent à atteindre le bon état écologique :
- Réduire les apports polluants
- Aménager le territoire pour une meilleure gestion quantitative et qualitative de la ressource en eau
- Préserver la faune et la flore des milieux aquatiques.
Quatre visent à atteindre le bon suivi :
- Assurer l’alimentation en eau potable des populations
- Le devenir des barrages
- Favoriser le développement des loisirs aquatiques
- Apprendre à vivre avec la crue
Deux sont liés au suivi et à la mise en œuvre du SAGE :
- Améliorer la connaissance de la qualité de l’eau sur le bassin
- Assurer la cohérence de la gestion de l’eau sur le bassin.
Les objectifs de qualité du projet de SAGE
Dans ce projet, des valeurs-objectifs ont été déterminés concernant la qualité de l’eau. Ce sont les objectifs que la CLE souhaite atteindre en dix ans à partir de l’approbation du SAGE. Pour la plupart des paramètres, elles correspondent aux valeurs de bonne qualité de la grille nationale d’évaluation de la qualité de l’eau, sauf en ce qui concerne les nitrates. Pour ce paramètre, l’objectif général est de 25 mg/l, soit la valeur-guide européenne pour l’eau potable. Cependant, pour les bassins en ZAC où les teneurs sont déjà élevées, cet objectif est ramené à 40 mg/l afin de fixer un objectif réaliste à l’horizon 2015 du SAGE.
Les objectifs de qualité du SAGE
Nitrates: 25 mg/l hors ZAC, 40 mg/l en ZAC
Phosphore total 0,2 mg/l
Matières en suspension 25 mg/l
Phytosanitaires 0,1 µg/l par matière active, 0,5 µg/l pour leur somme
0,5
Des actions multiples destinées à de multiples acteurs
Le projet de SAGE contient 67 actions qui sont pour certaines réglementaires, pour d’autres d’aménagement, de gestion, de com- munication ou de connaissance. Elles s’adressent en premier lieu à l’Etat et aux collectivités locales, mais également aux industriels, aux agriculteurs et aux particuliers.
Les collectivités sont impliquées dans la plupart de leurs compétences. En matière d’assainissement, la CLE leur demande par exemple de traiter le phosphore dans les stations d’épuration de plus de 2000 équivalents habitants. En environnement, il s’agit d’actions liées à l’entretien des cours d’eau. Concernant la voirie, la CLE demande dans le SAGE que soit mis en place un plan de désherbage communal afin de diminuer l’utilisation des pesticides pour l’entretien des espaces verts.
Les agriculteurs sont impliqués pour limiter l’érosion et les rejets de pollution (nitrates, pesticides). Il leur est demandé dans le SAGE d’adapter leurs pratiques de fertilisation, de traitement et d’implantation des cultures aux contraintes des sols. Cela signifie entre autres, d’augmenter les surfaces en herbe ou bien d’implanter des bandes enherbées et des haies sur talus en contrebas des parcelles cultivées.
Certaines actions sont également dévolues à la structure porteuse du SAGE qui devra se porter maître d’ouvrage des études à l’échelle du bassin. Elle devra également renforcer sa mission de communication envers les particuliers, surtout en ce qui concerne l’utilisation de produits sans phosphates, l’usage des pesticides et les économies d’eau.
Quel devenir pour les barrages ?
Les deux ouvrages de La Roche qui Boit et de Vezins ont été construits au début du siècle dernier pour subvenir à un besoin local d’énergie. Ils produisent l’équivalent de la consommation d’une ville de 15 000 habitants et sont groupés en une concession unique dont EDF demande le renouvellement en 2007.
Leur présence présente des avantages et des inconvénients.
Il s’agit d’une énergie renouvelable qui représente un intérêt économique et énergétique pour EDF. Cependant, le maintien des barrages nécessite la modification des ouvrages pour prendre en compte les autres usages. En effet, même si la présence des ouvrages est utile à des activités nautiques de plan d’eau, l’eutrophisation générée en été dans les lacs de retenue entraîne avec l’apparition de cyanobactéries une interdiction de ces activités.
Les barrages de la Sélune sont également préjudiciables à la vie aquatique, à la qualité de l’eau et aux populations de poissons migrateurs pour lesquelles la Sélune est classée et ne devrait pas à ce titre présenter d’obstacles sur son cours.
Dans le projet de SAGE, la CLE s’est prononcée pour une fin d’activité des ouvrages en 2013. Ce souhait constitue un avis qui, je l’espère, sera pris en compte par le préfet de la Manche lors de l’examen du dossier de renouvellement de concession.
En cas de renouvellement de concession, la CLE souhaite que la gestion des ouvrages prenne en compte les autres usages : l’alimentation en eau potable et la vie aquatique pour laquelle un débit minimum d’eau est recommandé.
En cas d’effacement des ouvrages, la CLE souhaite que soient définies des mesures de précaution pour la vidange et l’effacement des barrages. Elle souhaite donc qu’une étude soit menée par l’Etat pour évaluer les risques de l’effacement sur les milieux et les usages, sur l’aval de la Sélune et sur la Baie du Mont-Saint-Michel. Cette étude porterait notamment sur les critères des sédiments et des micropolluants qui peuvent être piégés dans les retenues.
En fonction des résultats de cette étude, la CLE souhaite que des mesures soient mises en œuvre par l’Etat pour limiter l’impact de la vidange et de l’effacement.
Perspectives 2006
Comme je vous l’ai dit, le projet de SAGE a été validé par la CLE, le 14 novembre dernier. Avant d’être mis en œuvre, il doit maintenant être soumis à l’avis des différents acteurs. Les collectivités seront les premières sollicitées (janvier et février 2006), puis la Commission d’examen des SAGE et le Comité de bassin rendront leurs avis. Enfin, le public sera invité également à émettre ses remarques avant que la CLE prenne en compte l’ensemble des avis et ne valide une dernière fois le projet. Alors, seulement celui-ci pourra être soumis à l’approbation du préfet de la Manche, à partir d’octobre 2006. Cette approbation marquera pour nous tous le début de la mise en œuvre des actions du SAGE.
Michel Thoury, Président de la Commission Locale de l’Eau
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Rapport Moral Août 2004 - IV - La Baie
a - Un espace très protégé, mais des failles subsistent au niveau de l’espace aérien et de la circulation d’engins bruyants
b - Tombelaine est cher à tous les habitués de la Baie
c - La préservation de l’écosystème
Brèves de la Baie, par Marie-Claude Manet Bulletin n° 31
La récente extension des herbus à l’ouest du Mont, par Alain L’HOMER, ingénieur-géologue (ENSPM), Membre de l’ancien comité scientifique pour le rétablissement du caractère maritime.
De nouvelles bases pour le Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau de la Sélune, par Michel THOURY, Président de la Commission Locale de l’Eau, Président de l’association BS2A
L’eau et la Baie , par Yves LE HENAFF, Biologiste des Hôpitaux, Président de l’ODYSSEE, lors de sa conférence donnée à Genêts le 7 Août 2004.
Rapport Moral Juillet 2003 - IV - La Baie
Rapport Moral Août 2004 - IV - La Baie
a - Un espace très protégé, mais des failles subsistent au niveau de l’espace aérien et de la circulation d’engins bruyants
- Le nouveau projet hovercraft a été stoppé
L’an dernier avait été évoqué le projet de mise en circulation d’un hovercraft reliant Cancale, le Mont, Granville.
Des associations réunies en collectif ont vivement réagi. De nombreux élus nous ont apporté leur soutien. Le ministère de la Culture n’a pas autorisé la création d’un accès au Mont. Le projet est tombé. Ouf ! Les autorités ont réagi plus rapidement que lors du précédent projet.
- Pas de jet-skis aux abords du Mont
Les évolutions de jet-skis, engins à moteur bruyants, se sont multipliées à proximité du Mont.
Avec les Amis du Mont-Saint-Michel, nous avons demandé à la préfecture maritime de la Manche qu’une réglementation s’inspirant de celle en vigueur pour les aéronefs s’applique aux jet-skis afin de protéger la zone proche du Mont.
b - Tombelaine est cher à tous les habitués de la Baie
Il est grand temps d’en déterminer les modalités de gestion
Le sort réservé à Tombelaine, propriété de l’Etat, continue à nous préoccuper. L’îlot n’est pas entretenu. Il semble être abandonné aux ronces et aux oiseaux. Aucune décision concernant la gestion n’a été officialisée. Une gestion partagée de l’îlot a même été envisagée.
Plusieurs problèmes pas faciles à résoudre se posent avec le développement des traversées, l’arrivée des promeneurs venant du Mont. Nous avons continué à plaider en faveur de la préservation de ce rocher mythique, chargé d’histoire ainsi que pour un accès raisonnable et limité de l’îlot.
c - La préservation de l’écosystème
La Baie n’est pas un milieu fermé, elle est au contraire en perpétuelle évolution. Sur les éléments naturels, la direction des courants, leur intensité, la hauteur du marnage, il est difficile d’agir.
En revanche, sur les conséquences des activités humaines, il est possible de réagir ou tout au moins dans un premier temps d’enquêter sur leurs conséquences. Les méthodes d’analyse doivent être encore mises au point. Comme toujours, il s’agit de déterminer des seuils de tolérance. C’est très difficile.
Voici les points qui ont retenu notre attention, cette année :
- Les eaux de la Baie
Sous la pression des directives européennes, la mise en place de la régulation des apports en eaux d’origine tellurique démarre. Deux lois de portée générale de 1964 et 1992 ont fixé un cadre. La directive cadre européenne de 2002 a fixé un objectif de « bon état » des milieux aquatiques en 2015. Monsieur Le Hénaff vous présentera le projet de SAGE de la Sée et vous exposera l’état des recherches sur les eaux de la Baie, côté normand. Conformément à la concertation prévue avec les associations par la directive, nous nous proposons de nous rapprocher de la commission locale de l’eau qui sera créée pour la Sée afin de lui faire part de nos observations et de nos préoccupations.
- Natura 2000
- La ressource en eau de la Baie
Natura 2000 doit s’appliquer à la Baie. L’opération maintes fois retardée devrait commencer. Le préfet de la Manche en sera le coordinateur. Un opérateur commun aux deux régions, Basse-Normandie et Bretagne, a été désigné.
Il s’agit de préserver les habitats naturels déterminés à la suite d’un inventaire ainsi que certaines espèces.
Notre association s’intéresse au processus d’application de Natura 2000 parce qu’il devrait permettre de mieux connaître ce grand écosystème et en conséquence de déterminer le rôle de facteurs majeurs comme les rivières, ainsi que la qualité des eaux d’origine tellurique. Aussi avons-nous formulé à nouveau notre souhait de participer au comité de pilotage.
L’exhaussement du fond de la Baie nous soucie. Le flot apporte des sédiments qui se déposent. En remportant une fraction des sédiments apportés par le flot, les rivières assurent un auto-dragage qui ralentit l’ensablement. L’efficacité des rivières dépend de la marée et aussi de leur débit. Et ce débit est certes sous influence des précipitations mais aussi des prélèvements effectués par les collectivités locales, comme Rennes, récemment Granville, également par les agriculteurs et les particuliers qui puisent souvent dans la nappe phréatique.
Cet exhaussement est-il aussi inéluctable que certains le disent ou existe-t-il des moyens à mettre en œuvre pour le limiter ? Avant d’émettre un avis, il convient d’étudier scientifiquement les différentes causes de l’évolution constatée. Nous avons continué à nous adresser en ce sens aux autorités scientifiques. L’opération Natura 2000 devrait être l’occasion de regrouper et intensifier ces études indispensables à la protection des habitats, des espèces Pour tous ceux que préoccupe l’évolution et le devenir de la Baie, ces recherches s’imposent.
- La qualité des eaux de la Baie
Les espèces visées par Natura 2000 sont sous influence de la qualité des eaux. Cette qualité dépend des apports effectués par les rivières et les eaux de ruissellements. Répétons-le, en raison du faible renouvellement du volume oscillant des eaux de la Baie, la concentration de ces apports est très préoccupante. Natura 2000, dans ce domaine aussi, devrait contribuer à l’intensification de la recherche puis de la mise au point d’une régulation.
- Moules de la Baie du Mont-Saint-Michel, la déclaration d’Appellation d’Origine Contrôlée ne devrait être prononcée qu’après la publication des études et l’approbation du document Natura 2000
Les mytiliculteurs bretons ont souhaité que leur production bénéficie d’une Appellation d’Origine Contrôlée. L’Institut National d’Appellation d’Origine, l’INAO, a déterminé une aire d’appellation de Cancale à Carolles, complétée par l’aménagement d’installations à terre pour la purification des coquillages. Les Bretons disposent de ces installations. Les Normands bien que n’ayant pas d’installation de purification à terre ont aussitôt déposé des demandes de concessions pour plus de 400 kilomètres de bouchots.
Nous avons répondu à l’enquête lancée par l’INAO en exprimant d’abord notre étonnement que les critères de salubrité des eaux n’aient pas été retenus sous prétexte qu’ils peuvent varier. Nous savons que toute la partie Est de la zone envisagée se trouve dans la zone estuarienne. En outre, les milliers de pieux couverts de moules constituent un piège à sédiments.
Egalement, nous avons demandé quelle serait l’incidence d’une culture de moules aussi massive sur la circulation et la disponibilité de la ressource en nutriments. La Baie joue un rôle essentiel en tant que nursery de poissons.
Cette ressource en nutriments fait l’objet d’une étude dont les résultats ne devraient pas être connus avant quatre ans. Dans l’attente des résultats de cette étude et de la publication du document d’objectif établi dans le cadre de Natura 2000, le sursis à la déclaration AOC Moules de la Baie serait la meilleure solution.
Réunies dans le cadre du collectif de sauvegarde de la Baie du Mont-Saint-Michel, les associations dont la nôtre, ont exprimé le souhait que la Baie soit préservée d’une nouvelle extension massive de bouchots.
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Brèves de la Baie, par Marie-Claude Manet - Bulletin n° 31
Le Programme National d’Etudes Côtières (PNEC) se poursuit
Ce grand programme lancé en 2000 concerne surtout la zone ouest de la Baie. Les résultats devraient être publiés en 2006.
L’impact des bancs de crépidules sur la consommation de nutriments et sur leur répartition est déjà bien mis en évidence.
L’évolution du trait de côte entre Saint-Jean-le-Thomas et le Bec d’Andaine continue
Nous poursuivons nos observations in situ.
Le conseil général de la Manche a missionné le CRESARC pour suivre l’évolution du trait de côte.
Les mesures sont réalisées en sept points s’échelonnant de Saint-Jean- le-Thomas au Bec d’Andaine. De ces informations, nous extrayons les constatations suivantes :
A Pignochet, le stock de sable présent sur la plage est réduit.
A hauteur d’Obrey, l’érosion se poursuit.
A Dragey, le recul, de janvier 1992 à septembre 2003, est de l’ordre de 27,6 m. Ralentissement et accélération alternent. Toutefois, l’érosion est moins préoccupante qu’au Nord.
Au Bec d’Andaine, de janvier 1992 à 2003, le recul de la côte a été de -163,4 m, la dune a disparu et la zone arrière est soumise à des submersions. Là aussi, des alternances d’érosion et d’accrétion modérée ont été constatées. La tendance est à l’érosion.
Cette évolution du trait littoral et de la plage est en relation étroite avec les divagations du chenal de marée qui longe la côte.
Evolution générale de la Baie, zone Est
L’exhaussement des fonds dans la zone estuarienne (Sée, Sélune, atterrissements de part et d’autre du Mont-Saint-Michel) est préoccupant. En raison de son comblement, les courants de marée se déplacent.
De nombreuses études ont été effectuées ou sont en cours, en sédimentologie et en géomorphologie littorale. Mission Mont-Saint-Michel a rassemblé des données en hydrologie.
Notre association qui regroupe des habitués de la Baie souhaite que l’accent soit mis sur l’étude de la courantologie certes difficile à réaliser en raison des variations de vitesse et de direction des courants mais nécessaire pour connaître les grandes lignes de l’évolution dans les prochaines années.
Le rôle des rivières est déterminant, elles assurent un autodragage de cette partie de la Baie, remportant une fraction des sédiments apportés par le flot.
Nous constatons que la bordure littorale de la zone Ouest de la Baie où les rivières sont absentes, a considérablement reculé, tandis que celle située dans la zone Est s’est relativement maintenue jusqu’à ces derniers temps grâce à l’action de la marée conjuguée avec celle de la Sée et de la Sélune. La comparaison avec la carte de Cassini dressée au XVIIIe siècle est éloquente.
Aujourd’hui la sédimentation s’accroît fortement dans toute la zone estuarienne. Le phénomène est général dans tous les estuaires, nous dit-on.
Mais il convient de tenir compte de la dynamique introduite par les rivières, un des facteurs essentiels de l’évolution de la Baie. L’effet de chasse dépend d’abord du coefficient de marée mais aussi du débit des rivières. Les calculs effectués par Mission Mont-Saint-Michel dans le cadre du rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel prouvent bien qu’il y a une relation entre le débit des rivières et l’effet de chasse escompté Ainsi, la capacité de chasse du Couesnon après la réalisation des travaux sera beaucoup plus élevée en hiver qu’en été. Les bonnes chasses de 800 à 17000 103 m3 seront possibles seulement 35% du temps en été, par contre 67% du temps en hiver. En hiver, le débit du Couesnon est beaucoup plus élevé qu’en été.
Le phénomène des marées échappe à notre influence directe, par contre le débit des rivières dépend du climat, de la pluviométrie, du relief mais aussi des prélèvements directs et indirects qui y sont faits par l’homme.
A l’occasion de Natura 2000 et de la poursuite des études concernant la Baie, l’accent devrait être mis sur l’hydrologie, l’étude des courants. Notre association continuera à intervenir dans ce sens auprès des autorités et des scientifiques en vue de préserver au mieux la Baie ou en ralentir l’évolution actuelle.
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La récente extension des herbus à l’ouest du Mont, par Alain L’HOMER, ingénieur géologue
La dernière carte détaillée des contours des herbus avec caractérisation des flores date de 1999. Due à C. Bonnet-Courtois et J-E Levasseur, elle est reproduite dans le n° 7 de la Baie, journal de l’opération (p. 6).
En 1999, à l’ouest du Mont, la bordure des herbus restait cantonnée à environ 750 mètres du pied du rocher. Or à présent un herbu en formation vient recouvrir la rive gauche du lit du Couesnon, ce qui met la bordure des herbus à seulement 250 mètres du pied du Mont.
Aujourd’hui, mis à part le lit encore assez large du Couesnon, il n’existe plus de paysage de grèves immédiatement à l’ouest du Mont. Comment expliquer une évolution aussi rapide du paysage ?(1)
Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut revenir quelques années en arrière.
Chacun sait qu’après la mise en service du barrage à portes à flot en 1968, le large estuaire du Couesnon qui existait auparavant en aval de l’ouvrage d’art s’est progressivement colmaté, pour finalement se réduire au chenal estuarien bordé d’herbus que nous pouvons observer depuis une vingtaine d’années. Ce colmatage s’est effectué suivant un processus déterministe que j’ai défini ainsi en 1981 : « le mécanisme de colmatage qui conduit à une extension des schorres au détriment des slikkes et des aires de divagation des chenaux se présente comme un phénomène centripète progressant insidieusement des rives vers les chenaux des rivières, gagnant de proche en proche de l’amont vers l’aval par atrophie progressive des réseaux hydrographiques du système estuarien ».
A partir de 1968, apparaît l’impact de la suppression des eaux de marée introduites auparavant en amont des portes à flot. Ensuite, le rétrécissement progressif de la largeur de l’estuaire en aval du barrage accroît encore la perte en eaux précédemment stockées lors des grandes marées. Tout ceci entraîne une forte diminution parallèle des effets de chasse dans l’estuaire et sur le vaste espace de grèves qui s’étend au nord du Mont.
On constate que les eaux des grandes crues hivernales poursuivent, comme par le passé, dans le lit estuarien du Couesnon leurs travaux d’auto-curage par sape des berges et par surcreusement des lits, suivis de l’évacuation vers le large des sédiments érodés. En revanche, la réduction du volume des eaux de reflux réduit proportionnellement leur capacité à repousser les sablons fins déposés, lors du flot, sur les grèves au nord du Mont. Dans cette zone, à partir de 1992, l’exhaussement des grèves par la sédimentation finit par faire obstacle à l’écoulement des eaux du Couesnon et à exhausser son lit. En réaction à ces évolutions, le lit du Couesnon amorce au nord du Mont un déplacement vers l’est. En 1994 et 1995, grâce à un regain de puissance hydraulique (2), le fleuve développe un vaste méandre qui vient rogner la bordure des herbus de l’est (3). En phase avec ce grand méandre se développe, juste en aval, une autre boucle de sens opposé. Cette dernière se dédouble en se formant tantôt à l’ouest tantôt au nord-ouest du Mont, en fonction du débit du Couesnon et de la force des courants de marées. Ces deux boucles emboîtées sont reconnaissables sur l’image satellite SPOT 1999 (4) et fig. 1.
Entre-temps, de 1986 à 1992 les herbus de l’Ouest ont progressé vers le nord en dépassant largement un parallèle qui serait aligné sur la bordure septentrionale du Mont ; en outre de grandes plaques de plantes pionnières s’observent déjà à proximité de la rive gauche du Couesnon. Mais, heureusement, les ravinements des eaux du Couesnon qui attaquent cette rive en y entaillant la boucle évoquée ci-dessus maintiennent la zone d’expansion des plantes pionnières à bonne distance du Mont.
En 2000, le méandre du Couesnon situé au nord du Mont se pince un peu plus, isolant en son cœur un banc de sablon en forme de doigt de gant. En septembre, je prends des photos depuis le Mont car il est clair qu’il suffit, à présent, de la conjonction d’une grosse crue et d’une marée de fort coefficient pour que le méandre soit court-circuité. Fin décembre, Jack Lecocq, journaliste et guide de la Baie, me signale que le Couesnon vient de changer de lit et qu’il coule maintenant en direction du nord-ouest. Le « méandre en doigt de gant » venait d’être court-circuité !
Le nouveau lit estuarien débouche juste vis-à-vis de Tombelaine, ce qui réduit la longueur du cours de 1,5 km tout en augmentant la pente du lit. On imagine aisément que la mer arrive plus vite et plus fort au Mont et que les courants de marée se montrent assez « corrosifs ». Trois mois plus tard, des changements apparaissent dans le paysage : le lit du fleuve est surcreusé, de nouvelles berges très accores entaillent les dépôts de tangue notamment entre la tour Gabrielle et la chapelle Saint-Aubert. L’abandon du grand méandre entraîne aussi la suppression de la boucle symétrique (elle se reformera un peu plus en aval). En rive gauche du Couesnon, les dépôts se poursuivent, amorcent des levées ; dès 2002 les pieds de salicornes apparaissent un peu partout. A l’automne 2004, il ne subsiste plus à l’ouest du Mont qu’une seule criche active. Au nord du Mont, après l’abandon du grand méandre, les grèves se sont encore exhaussées ; on ne les a jamais connues aussi hautes dans le passé.
Quelles enseignements peut-on tirer de cette nouvelle « folie » du Couesnon ?
La chenalisation du Couesnon, entre deux talus d’herbus, qui s’arrêtait encore en 1991 un peu au sud-ouest du Mont, se prolonge aujourd’hui jusqu’au niveau de la Chapelle Saint-Aubert. En rive gauche, la pointe d’herbus avance suffisamment loin pour faire écran aux courants traversiers des grandes marées et à leurs effets érosifs. La rive droite ne peut que s’exhausser et se végétaliser à son tour à moyen terme.

Extension des herbus à l'ouest du Mont entre 1999 et 2004
Les futures chasses sont prévues 6 heures après la pleine mer. Effectuées d’abord en totalité sur le bras ouest, elles auront pour effet de creuser le lit en abaissant la cote du fil d’eau, et aussi d’élargir le chenal estuarien par sapement latéral. Cet effet bénéfique se réduira ensuite dès que les eaux du Couesnon se partageront entre les deux bras. A l’évidence, la cote des eaux de ces chasses, effectuées après retrait de la marée, sera beaucoup trop basse pour qu’elles puissent éroder les tangues et les sablons de la haute slikke constituée au nord du Mont. De surcroît les deux lits engoncés dans leurs chenaux seront trop peu mobiles pour pouvoir balayer efficacement les grèves.
Mais je garde espoir, étant persuadé que les ingénieurs et techniciens qui auront la responsabilité de réguler les essais de chasse se rendront rapidement compte que seuls des lâchers effectués 1h à 2h30 après le plein (en fonction du coefficient de marée) seront susceptibles de raviner la slikke au nord du Mont et d’y maintenir un large espace de grèves argentées (6).
Alain L’Homer, ingénieur-géologue (ENSPM)
Membre de l’ancien comité scientifique pour le rétablissement du caractère maritime.
(1) Se référer aux projections données p. 8 du no 9 de La Baie, journal de l’opération.
(2) C’est l’époque où se font sentir les essais de l’équipe Maillard : abaissement du radier du barrage à la cote +3m (IGN 69), ouverture d’une porte, puis d’une seconde. Favorisés en 1994 par des crues exceptionnellement fortes, les effets de ces mesures furent spectaculaires : désenvasement du barrage et, à l’aval de ce dernier, recreusement et élargissement du chenal estuarien (cf. L’Homer 2002).
(3) Se reporter à la planche hors texte en couleur de la notice de la carte géologique Baie du Mont-Saint-Michel à 1/50 000.
(4) Cf. CNES- Image SPOT 1999 reproduite p.8 du n°7 de "La Baie" , avec références bibliographiques.
(5) Parmi les correctifs du modèle hydrosédimentaire présentés à la SOGREAH figurait une demande de réactivation de cette ancienne grande criche, par auto-curage, en injectant à sa naissance des eaux de drainage des Polders de l’ouest. Demande sans suite. Or il faut savoir que la seule façon de recréer, à l’avenir, un petit espace de grèves à l’ouest du Mont consiste à réaliser la confluence en un même point de la rive gauche du Couesnon d’un minimum de trois criches régulièrement entretenues.
(6) Opinion déjà maintes fois exprimée dans le passé y compris à l’époque des études du LCHF.
Références bibliographiques
L’HOMER A. (1981). Bilan sédimentation-érosion en baie du Mont-Saint-Michel depuis 1857, in Sém. National Propriano, La gestion régionale des sédiments, doc. n° 30 BRGM, p. 245-252.
L’HOMER A., COURBOULEIX S., et al. (1999). Notice explicative de la carte géologique à 1/50
L’HOMER A. (2002). Impact sédimentologique des aménagements sur l’estuaire du Couesnon depuis 1856 ; in La Baie du Mont-Saint-Michel et l’Estuaire de la Rance, p. 1108-123- mém. 26 (franç-anglais) Totalfinaelf.
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De nouvelles bases pour le Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau de la Sélune, par Michel THOURY, Président de la Commission Locale de l’Eau, Président de l’association BS2A
Le SAGE de la Sélune est en cours d’élaboration depuis 5 ans maintenant. L’inquiétante dégradation de la ressource en eau avait principalement motivé sa mise en place, ainsi que les débits fluctuants disponibles pour l’alimentation en eau potable et la dégradation des milieux naturels. Il y a un an, je vous ai présenté les conditions de son émergence, ses objectifs, son contenu et son fonctionnement.
L’année 2004 devait être consacrée au choix d’une stratégie définissant l’avenir du bassin. Un cap à tenir en quelque sorte, en termes d’actions à adopter et à promouvoir auprès des acteurs de ce territoire. Une fois ce choix opéré, la rédaction des actions allait permettre de finaliser la phase d’élaboration du Schéma, avant de l’adopter officiellement et de l’appliquer. Cependant, cette année fut riche en péripéties et en rebondissements. La Commission Locale de l’Eau (CLE) a dû réviser sa démarche de progression en fonction de deux nouveaux paramètres : l’arrivée de la Directive Cadre sur l’Eau et une lacune de données concernant les deux ouvrages hydroélectriques implantés sur le cours aval de la Sélune.
La prise en compte de la Directive Cadre sur l’Eau du 23 octobre 2000
Dans le dernier bulletin, je vous avais informé que l’année 2003 avait abouti à la définition de six scénarios possibles, déterminant six ambitions différentes pour l’avenir du bassin versant. Avec la prise en compte de la Directive Cadre sur l’Eau, la CLE a dû modifier les orientations du SAGE. Il faut noter que cette Directive impose de parvenir à un bon état biologique, écologique et chimique des eaux de la Sélune en 2015.
En conséquence, notre stratégie a dû être révisée car nous n’avons plus le choix de l’objectif. Or, les barrages sur la Sélune ont un impact tel que le « bon état » ne peut être atteint en leur présence. Il est possible de déroger à la date prévue jusqu’en 2021, voire 2027, mais seulement si nous justifions que nous ne pouvons respecter l’échéance de 2015.
Le scénario 6, qui implique la suppression des barrages devra être mis en œuvre. La question que nous devons maintenant nous poser est "QUAND ?". Il s’agit du scénario le plus ambitieux, prévoyant, entre autres, une forte amélioration de la qualité bactériologique pour la restauration du gisement coquillier en Baie du Mont-Saint-Michel. Afin de placer son action dans le temps, la CLE a décidé de choisir non plus un scénario, mais un enchaînement de scénarios qui constitue une option. Quatre options ont été définies :
A) Suppression des barrages en 2007 et application de nombreuses actions énergiques pour atteindre le bon état écologique dès 2015 ;
B) Suppression des barrages en 2007 et mise en place d’actions contractuelles pour améliorer la qualité de l’eau et atteindre progressivement le bon état à l’horizon 2021 ;
C) Suppression des barrages en 2015 et mise en place d’actions énergiques sur l’amont du bassin pour atteindre le bon état dès 2021 ;
D) Suppression des barrages en 2057 pour atteindre le bon état en 2060. Cela nécessite la remise en cause du développement agricole actuel par des mesures fortes en matière agricole et pour le traitement de l’eau potable.
Ces scénarios ont fait l’objet d’un vote par la Commission Locale de l’Eau le 7 juillet dernier. Je rappelle que la CLE regroupe 60 personnes dont la moitié est constituée de représentants de collectivités territoriales, un quart des représentants de l’Etat et des établissements publics, le quart restant étant constitué de représentants d’usagers et d’associations.
Le vote de la CLE le 7 juillet 2004
Lors de l’assemblée générale du 7 juillet, le préfet a demandé au collège des administrations (14 personnes) de ne pas participer au vote. Il a estimé qu’un certain nombre d’éléments concernant les barrages n’étant pas connu, cette lacune empêchait une prise de position objective sur l’avenir du bassin.
Au moment du vote, nous aurions dû détenir ces informations indispensables. EDF devait en effet fournir pour le mois de juin une étude d’impact concernant la rentabilité des barrages et leur impact environnemental. EDF n’a pas été en mesure de produire ces éléments pour la date prévue. C’est pourquoi l’ensemble des votants s’est posé la même question "est-il véritablement pertinent de retirer les barrages des points de vue écologique, sanitaire et économique".
Le vote des 41 membres (hors administrations) n’a pas permis de dégager franchement une option.
Perspectives 2005
Le choix d’une stratégie
Le 31 décembre 2004 au plus tard, EDF va déposer à la préfecture une demande de renouvellement de concession pour l’exploitation des deux ouvrages. Celle-ci contiendra l’étude d’impact dont nous avons besoin. Après analyse de ce dossier par les services de l’Etat, la CLE sera en mesure de le consulter au second semestre 2005 et de se prononcer officiellement sur le choix d’une option. Nous exposerons notre avis au préfet qui décidera seul, début 2006, si le renouvellement des concessions est envisageable et pour quelle durée.
En attendant, les actions qui pourront être mises en œuvre vont être rédigées pour chacune des options. Ainsi, lorsque le préfet rendra sa décision finale sur le cap à tenir, les actions de la stratégie définitive seront prêtes.
L’évolution de la structure porteuse du SAGE
Le travail d’élaboration du SAGE est réalisé par l’association BS2A. Pour la mise en *uvre du SAGE, qui interviendra courant 2006, l’association va devoir évoluer vers une structure publique. Il devient nécessaire de créer une collectivité à l’échelle du bassin versant. Elle aura pour mission d’assurer l’animation de la CLE qui restera le parlement de l’eau du bassin versant, d’assister les maîtres d’ouvrage pour mettre en œuvre les mesures préconisées par le SAGE, de réaliser les études nécessaires et de fédérer les contrats territoriaux, outils financiers de mise en œuvre du SAGE. L’année 2005 verra l’émergence de cette structure qui deviendra l’interlocuteur privilégié en matière de gestion de l’eau et des milieux aquatiques sur le bassin de la Sélune.
Michel THOURY,
Président de la Commission Locale de l’Eau
Président de l’association BS2A
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L’eau et la Baie , par Yves LE HENAFF, Biologiste des Hôpitaux, Président de l’ODYSSEE, lors de sa conférence donnée à Genêts le 7 Août 2004.
I - Le risque à moyen terme est l’eutrophisation
Cet envahissement du liseré côtier est lié à la réunion sur une même zone de cinq paramètres. Pour qu’un rivage soit envahi d’algues vertes, il faut en effet :
1. Un profil de côte en pente douce, nécessaire à l’échouage et à la multiplication des algues.
2. Des eaux en réalité peu renouvelées (c’est le cas en Baie du Mont-Saint-Michel).
3. Une quantité de nutriments suffisante et nécessaire (couple azote et phosphore).
4. Une faible turbidité (eau assez claire) pour permettre la photosynthèse.
5. Une température optimale (rencontrée en juin, juillet, août).
Si, pour le profil côtier, la température et les courants marins locaux, nous ne pouvons que constater ces réalités physiques et les subir, par contre, les quantités de nutriments rejetés dans le milieu sont de notre responsabilité, habitants des champs (par les excès d’azote qui diffusent sur le liseré côtier) et habitants des villes par le phosphore des détergents exportés et non-complexés par les stations d’épuration lorsqu’elles existent….
Ainsi, le phénomène semble s’étendre des rivages bretons à notre littoral et si soixante cinq tonnes d’ulves ont été raclées en 2000 sous Granville, la barre des trois cents tonnes est dépassée en 2003 et 2004 sera « une très bonne récolte » selon quelques observateurs de Saint- Jean-le-Thomas et de Saint-Pair-sur-mer. L’élimination de ces algues putrides est un vrai problème à gérer pour les municipalités qui doivent rapidement trouver un site pour les stocker. La pleine saison touristique coïncide toujours avec cet environnement.
II - Le risque à long terme : les micropolluants
Ce risque est constitué par des rejets inconsidérés de micropolluants.
Les micropolluants sont organiques : insecticides, pesticides, désherbants ou minéraux : métaux lourds, cuivre, zinc, cadmium, mercure.
Les micropolluants organiques déversés et entraînés dans les eaux peuvent être fixés par passage sur charbon actif, c’est ce qui est réalisé pour le traitement des eaux destinées à être distribuées et consommées. Ce traitement coûte très cher. Par contre, les eaux usées des stations d’épuration qui concentrent et épurent, ne subissent pas ce traitement. Ces micropolluants agissent à microdoses. Si le péril fécal est lié à des 109 germes/100 ml d’eau, l’azote et le phosphore eutrophisent nos rivages avec des taux de l’ordre de 20 à 30 mg/litre, les micropolluants agissent, se concentrent à des taux de l’ordre du nano gramme/litre 10-9 d’où la difficulté de les mettre en évidence. Ces micropolluants s’accumulent le long des chaînes alimentaires. Nous sommes, ne l’oublions pas, les prédateurs ultimes en allant faire nos commissions chez le poissonnier du pays.
Pour l’instant, il n’a pas été détecté de taux de micropolluants au point d’observation situé sous Granville. D’autres baies normandes sont déjà touchées par quelques éléments (cadmium en particulier, Baie de Seine). Cependant, une campagne de presse massive (Le Monde du 12/07/2004) avertit que les 2/3 des eaux françaises sont contaminées par les pesticides. La France en est le troisième utilisateur mondial.
Les pesticides servent à éliminer :
- les mauvaises herbes
- les insectes, limaces, rongeurs
- les maladies (fongiques, etc.)
Et selon les études menées en 2002, publiées récemment par l’Institut français de l’Environnement, il y aurait des traces de pesticides dans :
- 75% des points contrôlés en eaux de rivières
- 57% en captages souterrains.
Il s’agirait donc de rechercher et de doser quatre cents molécules différentes ce qui paraît impossible et 5% de la population aurait été alimentée en 2001 par une eau ayant dépassé la limite légale de 0,1
Le phénomène de cette contamination est stable et les tentatives de taxation « Azote » et autres ont été repoussées après les arbitages à haut niveau… Des mesures étaient en préparation pour un meilleur usage des pesticides !!! N’oublions pas aussi les techniques de commercialisation du « tourniquet » qui consistent à changer le nom du produit.
Quelques exemples de quelques produits :
1) Insecticides :
-HAP : Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (ex : pyrènes)
- PCBD-F : Dioxines et Furannes (dosages non disponibles ou du moins très complexes)
- HCB : Hexachlorobenzene
- DDT: Diphenyl-Dichloro-Tétrachloréthane (organo-chlorés interdits) toujours retrouvés
- LINDANE : Organochloré
- MALTHION : Organophosphorés, Parathion (très toxique)
2 ) Herbicides
- AZINES (di et tri azines) peu toxiques directement mais contiennent des impuretés de type dioxines.
- Ammoniums quaternaires (PARAQUAT) très toxique et DNOC (Dinitro-ortho-crésol).
Les dosages de ces quatre cents molécules différentes « lâchées » dans l’environnement ne sont pas réalisés régulièrement et sont très partiels. Les produits de pêche ne sont pas contrôlés.
III - Au plan économique
Le développement de la mytiliculture :
L’idée récemment évoquée dans les médias est une idée récurrente… bien que d’application récente dans la Baie du Mont-Saint-Michel. En effet, les premières implantations datent de 1954, sur bouchots autour du Vivier-sur-Mer (entre Cancale et les zones ostréicoles et une zone insalubre à l’Est) et il semble que l’espace de développement soit limité et que les 271 km de bouchots ne puissent être augmentés indéfiniment. La production actuelle est de dix mille tonnes/an, soit 20% de la production française et la demande de « moules-frites-bière » n’est pas en décroissance. L’espèce élevée est le MYTILUS EDULIS (importée de la côte Atlantique, Noirmoutier, Ré, Oléron).
1 - Trois facteurs biologiques limitent le développement de la mytiliculture
1. Mytilicola intestinalis (parasitose redoutable)
Ce copépode a été découvert la première fois en Méditerranée dès 1902. De couleur rouge vif, vermiforme, 1 cm (femelle), 4 mm (mâle), il vit dans l’intestin de la moule et provoque des lésions du tractus digestif, entraînant la diminution de la quantité de nourriture absorbée d’où un amaigrissement et la mort des moules parasitées. Ce parasite résistant aux variations de température et de concentration de sels, se multiplie très vite et les larves sont résistantes pendant dix à quinze jours en dehors de l’hôte d’où un haut pouvoir infectant. L’infestation se produit en fait par filtration et la maturité est obtenue en deux mois. Ce parasite vit jusqu’à dix mois.
La propagation de MYTILICOLA INTESTINALIS se réalise à la faveur des transferts de coquillages des zones contaminées à des zones saines, car il faut en effet qu’une même moule héberge en même temps un parasite Femelle et un parasite Mâle. Donc la concentration extrême des moules dans des bouchots très serrés est le lit naturel à l’infestation et il semble que le seul remède soit des éclaircissements successifs de bouchots (les dernières restrictions datent de 86/87, soit 17 ans…) On a oublié ! Puisque l’on veut multiplier le linéaire jusqu’à 700 km !
2. Crepidula fornicata (compétition alimentaire)
L’autre ennemi à la multiplication des bouchots est la présence de la crépidule (Crépidula fornicata) gastéropode américain introduit accidentellement qui a des capacités de reproduction extraordinaires et qui maintenant tapisse les fonds. Animal filtreur lui aussi, il est pour les espèces cultivées un compétiteur majeur dans la course aux nutriments.
3. La qualité microbiologique actuelle des eaux des trois fleuves côtiers normands qui se jettent dans la Baie
- Rappel : la moule filtre 35l/jour !!! et produit des quantités énormes de biosédiments qui vont colmater le milieu et freiner la bonne circulation des eaux (vasières).
- Toute contamination bactérienne ou virale notable sera donc « enrichie » par les bouchots.
- Ce point est bien noté dans la publication de M. LE MAO (Pen Ar Bed n° 169, juin 1998) qui n’est guère favorable à la multiplication des bouchots, côté normand pour les raisons suivantes :
1° les eaux des bassins versants du Couesnon, de la Sélune et de la Sée, au plan microbiologique sont de qualité B (le SAGE de ces rivières pas encore élaboré ou approuvé) alors que sur la zone du Vivier, la qualité est A.
2° la quantité de nutriments n’est pas infinie. La consommation directe de coquillages qui ne sont pas passés dans des bassins de purification présente donc des risques sanitaires élevés, la partie normande de la Baie semble hétérogène en qualité micro-biologique.
2 - Trois données administratives sont un obstacle au projet d’une Appelation d’Origine Contrôlée (AOC), Moules de la Baie du Mont-Saint-Michel
1. Une AOC ne concerne qu’une production qui existe et qu’il s’agit de protéger et non pas un projet à réaliser !
2. Le dossier sera obligatoirement soumis au Syndicat mixte, en charge du rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel
3. L’IFREMER doit aussi se prononcer sur le sujet, autant de difficultés qui paraissent délicates.
(Sources : Services de l’Etat)
Entre la sauvegarde du caractère maritime du Mont, les nécessités économiques et sociales, la résultante de toutes ces forces paraît peu évidente à tracer !
Conclusion :
Tout bien considéré, l’avenir de la qualité de l’eau dans la Baie sera celui qui sera choisi, il passe par le SAGE. Ne rien faire est une habitude qui ne fâche personne dans l’immédiat mais qui s’avère chaotique à moyen et long terme. La nécessité de la prévention est une évidence à répéter et à ancrer dans les esprits pour assurer une qualité des eaux maintenue et acceptable au plan sanitaire.
Yves LE HENAFF
Biologiste des Hôpitaux
Président de l’ODYSSEE, lors de sa conférence donnée à Genêts.
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Rapport Moral Juillet 2003 - IV - La Baie et la préservation de l’écosystème
Parmi les principales actions, nous pouvons citer :
- La poursuite du suivi de l’évolution du trait de côte entre Saint Jean-le-Thomas et Genêts
En marée, la mer a continué à éroder la côte dont le recul se poursuit. La mer attaque au droit du Bec. Notre équipe surveille ses repères.
D’une façon générale, le suivi est assuré par les scientifiques de Caen à qui nous avons fait part de nos interrogations sur les causes profondes de cette évolution, la circulation des courants, les modifications du relief de la Baie. Des parades sont prévues grâce à la pose de géotextiles.
Souvenons-nous que la mouvance du trait littoral caractérise nos rivages.
- Le report du lancement des études sur l’ensemble de la Baie au profit d’études sectorielles
L’an dernier, nous nous étions réjouis d’apprendre que des études de grande envergure de la Baie seraient lancées de façon imminente. L’attente se prolonge. Aucun communiqué, aucune publication.
Actuellement, le seul secteur conchylicole situé dans le secteur ouest mobilise les scientifiques.
A notre avis, l’ensemble de la Baie mérite des études de grande envergure. Nous continuerons à les demander.
- Natura 2000, aucune décision pour désigner l’opérateur et le comité de pilotage du réseau Natura 2000, Baie du Mont-Saint-Michel
En 2004, la France doit présenter le réseau Natura 2000 auquel appartient la Baie. La directive européenne date de 93. La région de la Hague a déjà fait l’objet d’un document d’objectifs. L’application de Natura 2000 à Chausey a déclenché bien des oppositions. Pour la Baie, aucune proposition officielle n’a été faite pour désigner l’opérateur et constituer le comité de pilotage qui doit établir le document d’objectifs pour maintenir la diversité biologique en fixant les moyens les plus appropriés pour y parvenir. L’inventaire des habitats naturels n’a pas encore été dressé.
Notre demande de participer à la définition du comité de pilotage a été enregistrée. Nous continuons à nous intéresser au processus d’application de Natura 2000 à la Baie parce qu’il devrait permettre de mieux connaître ce grand écosystème. La protection des habitats et des espèces implique la préservation des grands équilibres, le maintien du débit des rivières, la qualité des eaux de la Baie, objets de nos préoccupations.
- Le transfert de moulières à Roz-sur-Couesnon a été autorisé
100 kilomètres de bouchots répartis sur 500 hectares dans une zone estuarienne sensible ont été autorisés. Nous continuons à interroger les autorités sur les analyses réalisées mais n’obtenons pas les réponses précises.
- La pollution de la Baie évoquée à l’Elysée
Les eaux littorales sont soumises à des enrichissements en nutriments et les herbicides sont présents à l’état de traces dans les eaux estuariennes. Si les effets de ces éléments ne sont pas encore connus scientifiquement, leur concentration dans les eaux de la petite baie en raison du faible renouvellement du volume oscillant est préoccupante et justifie la diminution de ces apports qui passe par la modification de certaines pratiques.
L’hebdomadaire le Point dans son numéro du 4 juillet a relaté la scène qui s’est passée à l’Elysée lors de la remise du rapport de la commission de préparation pour la Charte de l’Environnement « C’est de la poésie » commente Yves Coppens qui préside la commission en écoutant l’un des membres décrire les périls encourus par les micro-organismes dans la Baie du Mont-Saint-Michel, « non, c’est la chaîne de vie des système qui est en danger et c’est très grave » rétorque J. Chirac. «
Il ne nous appartient pas de commenter les affirmations relatées ci-dessus.
- Nous nous opposons au projet de mise en service d’hovercrafts Granville le Mont, Cancale le Mont
On nous annonce la mise en service, au printemps 2004, d’hovercrafts assurant en saison la liaison Cancale le Mont toutes les 40 minutes, Granville le Mont toutes les 30 minutes.
En raison du reflux de la mer, les hovercrafts circuleraient la plupart du temps sur l’estran et seraient alors de gros engins motorisés propulsés et soulevés au-dessus du sol par des moteurs générant deux flux d’air.
L’engin volera au-dessus de la surface envoyant au sol une forte pression perturbatrice du milieu naturel.
Les émissions sonores atteindraient à 100 mètres jusqu’à 86 décibels.
Des aménagements seraient nécessaires au Mont dont une rampe d’accès appelée slipway.
La perturbation des écosystèmes, la rotation répétée sur l’estran d’engins à moteurs puissants envoyant des flux d’air sur le sol, le niveau des émissions sonores, modifieraient la Baie. La sécurité des promeneurs à pied serait compromise par l’inertie des engins.
Dans le cadre du collectif de vigilance de la Baie, nous nous opposons à ce projet. Nous sollicitons l’engagement des autorités et autres associations pour triompher des appétits financiers. Dernière minute, nous avons reçu la confirmation de l’instruction de ce dossier par les services de l’état. Il est urgent d’agir.
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