Projet Mont-Saint-Michel
Bulletin n° 32 - Rapport Moral Août 2005 - IV - Projet Mont-Saint-Michel
- Pas encore de travaux, mais déjà une hausse vertigineuse de leur coût.
- Pas encore de travaux, mais ouverture d’un chantier : celui de la communication.
- Le premier coup de pioche pour le barrage sur le Couesnon est repoussé à la fin de l’année 2005.
Bulletin n° 32 - Rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel Actions 2005 - Perspectives 2006
1 - 2005 : démarrage opérationnel ;les travaux préparatoires
1.1 Aménagements hydrauliques
1.2 Barrage
1.3 Ouvrages d’accès
1.4 Ouvrages d’accueil
1.5 Système de transport
2 - 2005 : évolutions institutionnelles
3 - Cadrage financier - perspectives 2006 et au-delà
Rapport Moral Août 2004 - V - Projet Mont-Saint-Michel
Bulletin n° 32 - Rapport Moral Août 2005 - IV - Projet Mont-Saint-Michel
En quatre ans, le budget prévisionnel est passé de 134 millions (estimation 2002) à 220 millions d’euros, soit une dérive d’environ 60 % alors que les travaux n’ont pas commencé. Ah si ! quelques crapauds ont été transférés. Ce déménagement n’a pas été fait dans la discrétion, la publicité en a été si tonitruante que tout le monde en a parlé. Désormais plus personne n’ignore qu’il y avait des pédolytes ponctués à proximité du Mont, soixante douze sujets bien bruyants.
Différents facteurs ont été invoqués par le maître d’ouvrage pour justifier cette augmentation : la hausse du coût de la vie, mais oui, des provisions pour aléas, l’augmentation de volume des sédiments à extraire dans le Couesnon (celle-ci se poursuivra tant que le nouveau barrage ne sera pas mis en exploitation) et enfin la hausse du coût de la navette. Cette forte augmentation du budget prévisionnel nous a amenés à nous interroger sur les capacités des concepteurs du projet à en évaluer son coût.
A Ardevon, autour du directeur général s’est constituée une équipe de douze personnes. Les travaux ne sont pas commencés mais le chantier de la communication est bien ouvert avec des panneaux, des brochures, des communiqués de presse aux journaux tant et si bien que beaucoup ont l’impression que les travaux sont déjà engagés et même que l’opération est bouclée. La communication est très mode. On fait rêver avec des images de synthèse.
Selon les dernières informations, la construction de ce barrage, pièce maîtresse du dispositif, devrait s’étaler sur environ deux ans et demi. Ce délai est bien long pour un ouvrage de dimensions modestes qui a fait l’objet de tant d’études. Si l’appel d’offres pour le bâti est soumissionné, celui pour les vannes et le dispositif de fonctionnement est seulement en cours. On croit rêver !
Quant aux travaux nécessaires à la constitution d’un réservoir d’eau dans l’anse de Moidrey pour accroître la capacité de chasse du Couesnon, ils devraient se poursuivre jusqu’en 2010.
A notre époque de développement du tourisme, le Mont est une valeur sûre, toutefois légèrement en baisse selon les statistiques publiées par l’office de fréquentation.
La décision de restaurer le caractère maritime du Mont a été prise il y a plus de trente et un ans. Les piles d’études s’amoncellent, les sables continuent à monter. Nos décideurs affirment qu‘ils souhaitent faire exécuter le projet.
Chaque année, nous reprenons le même refrain : les travaux n’ont toujours pas commencé.
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Bulletin n° 32 - Rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel Actions 2005 - Perspectives 2006
1 - 2005 : démarrage opérationnel : les travaux préparatoires
La mise en ordre de marche du Syndicat mixte est maintenant bouclée par l’arrivée, en septembre, du directeur opérationnel qui va assurer la présence du maître d’ouvrage sur les chantiers et suivre l’opération via la Mission Mont-Saint-Michel (émanation de la DDE de la Manche dédiée à la conduite d’opération du projet).
L’année 2005 a permis de mettre en place concrètement le volet « emploi » formalisé lors de la réunion du Comité de pilotage du 25 janvier. Les premières formations débuteront en 2006 afin que les entreprises retenues pour la construction trouvent, sur place, la main d’œuvre qualifiée nécessaire.
En lien avec des associations représentatives de tout type de déficiences, une démarche globale sur l’accessibilité a été initiée afin de permettre et/ou de faciliter l’accès au monument du plus grand nombre.
La maîtrise foncière des emprises indispensables au projet s’est poursuivie, ainsi, en 2005, 89 % des surfaces ont été acquises à l’amiable. Les procédures d’expropriation ont débuté à l’automne et se poursuivront en 2006.
Enfin, il est important de signaler que l’intérêt du public pour ce projet ne se dément pas. Pour preuves, ces quelques chiffres de l’année :
1) 1450 personnes ont assisté à des présentations du projet ;
2) En 4 mois, 470.000 ont visité l’exposition estivale installée dans « la Merveille »,
3) Entre 17.000 et 20.000 personnes se connectent chaque mois sur le site du projet (www.projetmontsaintmichel.fr) qui informe en temps réel sur les chantiers en cours mais aussi sur les appels d’offres.
L’opération est découpée en 5 chantiers distincts dont voici maintenant, pour chacun, les faits marquants de l’année 2005.
1.1 Aménagements hydrauliques
Comme annoncé (cf. Bulletin n° 31) le démarrage des travaux a bien eu lieu en 2005. Tout a commencé en février dans l’Anse de Moidrey par les travaux préparatoires du volet hydraulique. La presse n’a retenu que le clin d’œil environnemental lié à la protection de l’habitat des pélodytes ponctués (espèce protégée de crapauds). D’aucuns préten- dent d’ailleurs que ces petites bêtes ont été dévorées par les oiseaux : c’est ignorer que le pélodyte est « cavernicole », qu’il vit donc caché à l’abri des regards… médisants. Comme prévu dans le programme au titre du suivi environnemental de l’opération, un recensement sera opéré lors de la période de reproduction propice à les faire sortir de leur cachette !
1.2 Barrage
Les consultations pour les marchés principaux liés à la construction du barrage ont été lancées et sont en cours d’analyse. Les offres reçues sont fructueuses et conformes aux engagements budgétaires validés. La commission d’appel d’offres doit se réunir tout début 2006 pour attribuer les marchés de génie civil, des équipements (vannes) et des superstructures (pont-promenade et belvédère).
1.3 Ouvrages d’accès
Le phasage de l’opération fait que ce volet est celui qui démarre le plus tard en chantier. Le maître d’œuvre poursuit les études et la validation de l’avant-projet est en cours.
1.4 Ouvrages d’accueil
A la fin de l’été, cent places de stationnement enherbées ont été réalisées dans l’enceinte du futur parc pour tester différents types de structures de sols (mélanges de tangue, de terre et de sable), de lits de semences et de plantations. Ce prototype de stationnement servira aux entreprises retenues pour les chantiers et les retours d’expériences de cet usage vont permettre de fixer les données de programme pour les appels d’offres.
1.5 Système de transport
La procédure de choix du constructeur de la navette s’est déroulée normalement et a permis de confirmer le coût de système de transport annoncé, début 2005, dans la réévaluation du projet. Le coût étant très nettement supérieur au budget approuvé, il n’est pas à ce jour ni juridiquement, ni financièrement possible de passer commande à l’un des concurrents dont il faut d’ailleurs souligner la qualité technique des offres.
2 - 2005 : évolutions institutionnelles
C’est le 17 octobre que le conseil régional de Bretagne a officiellement annoncé son adhésion au Syndicat mixte qui devient le Syndicat mixte de la Baie du Mont-Saint-Michel. Outre que cette adhésion se traduit par une augmentation importante de la contribution financière des Bretons au projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel (30 % de la part collectivités territoriales au lieu de 9 %), elle marque une volonté politique forte de synergies entre Bretons et Normands. Ainsi, le nouveau Syndicat voit ses compétences s’élargir aux études et aux réalisations qui permettront d’optimiser les flux touristiques dans la Baie.
3 - Cadrage financier - perspectives 2006 et au-delà
Début 2005, les partenaires ont souhaité que l’évaluation financière de l’opération soit revue pour tenir compte de la poursuite du phénomène de colmatage de la Baie et des évolutions techniques du projet (dont le système de transport). Cette réévaluation a mis en avant des risques de dérives par rapport au budget prévisionnel que les partenaires, soucieux du respect des coûts annoncés, ont souhaité vérifier et maîtriser.
Ainsi le Syndicat mixte a exploré plusieurs pistes d’évolution du montage juridique et financier, permettant, par le recours au partenariat privé, de mieux maîtriser les coûts et les financements publics consacrés au volet transports. De son côté, le Premier ministre a diligenté une mission interministérielle sur le projet « afin de l’examiner sous tous ses aspects, aussi bien techniques que financiers et administratifs, et de faire toutes propositions utiles permettant d’en garantir l’achèvement dans les meilleures conditions ».
Les travaux de cette mission, remis fin septembre 2005, ont permis de valider un certain nombre de propositions techniques et financières qui vont dans le sens souhaité d’un resserrement du budget tout en maintenant les objectifs indissociables du projet : rétablir le caractère maritime du Mont-Saint-Michel et revaloriser l’accueil des visiteurs. Elles ne préconisent en aucune façon une augmentation du coût d’objectif du projet mais, au contraire, un ensemble de solutions de nature à maintenir le projet dans une enveloppe proche de son coût de référence, estimé en valeur 2002 à 134 M d’euros.
Les résultats de cet audit ont permis au Premier ministre de confirmer, le 21 octobre dernier, à l’occasion de l’inauguration de l’autoroute A28, l’engagement complet de l’Etat dans ce projet et son souhait que les travaux puissent démarrer courant 2006.
Lors d’une réunion de concertation qui s’est tenue à la DATAR le 22 novembre 2005, et qui a réuni le préfet de région, le préfet de la Manche, le président de la région Basse-Normandie, le président du conseil général de la Manche et une vice-présidente de la région Bretagne, les partenaires ont marqué leur accord sur un nouveau schéma technique. Celui-ci prévoit notamment le réexamen de certains travaux hydrauliques et le recours à une délégation de service public pour la desserte du Mont, afin de maintenir le coût du projet dans une estimation proche de l’enveloppe initiale. Une lettre de mission sera adressée par le gouvernement au préfet de région Basse-Normandie pour établir entre les partenaires un nouveau cadre technique et financier. Celui-ci sera élaboré début 2006 et un comité de pilotage du projet se réunira au mois de mars/avril 2006 pour en valider le contenu, sous la forme d’une convention de partenariat.
Le Syndicat mixte de la Baie du Mont-Saint-Michel, auquel adhère désormais la région Bretagne, engagera sans attendre les travaux hydrauliques par la construction du barrage sur le Couesnon. L’analyse des offres, en cours, devrait permettre de retenir les titulaires des marchés tout début 2006 et donc de démarrer « physiquement » les travaux dans le trimestre suivant.
F.X. de Beaulaincourt, Directeur général des services du syndicat mixte
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Rapport Moral Août 2004 - V - Projet Mont-Saint-Michel
a - Nouveau report des travaux :
L’an dernier, nous vous disions que le début des travaux fixé en 2003, était reporté à 2004. Cette année, même antienne, les travaux sont encore repoussés à l’an prochain, en 2005. Cette fois, c’est promis. « Il manquait encore des études de détail, des acquisitions, des fouilles préventives au titre de la protection du patrimoine archéologique ». Enfin toujours de bonnes excuses.
Pendant ce temps, les sables continuent à monter. En dépit des engagements pris, rien ne se fait. Depuis trente ans, les projets se sont succédé, les études se sont amoncelées. Le dernier projet en date, celui qui fut lancé en 1995, prévoyait le début des travaux en 1998. Nous sommes en 2004, trente ans après que la décision de préserver le caractère maritime du Mont ait été prise. Les travaux sont encore reportés à l’an prochain.
Il est inconcevable qu’un pays comme la France ne puisse exécuter ces travaux dans un délai raisonnable.
Le nouveau barrage sur le Couesnon doit être édifié en 2005. Son efficacité est liée au creusement partiel de l’anse de Moidrey afin d’y emmagasiner l’eau de mer et d’accroître l’effet de chasse nécessaire pour dégager les abords du Mont. Mais l’anse de Moidrey ne pourra être creusée qu’après le transfert dans d’autres mares des crapauds qui y résident. Cette opération durera environ un an. Les travaux indispensables sur l’anse de Moidrey ne pourront donc commencer qu’au début de 2006. Ce transfert des crapauds aurait pu commencer beaucoup plus tôt, tout de suite après la déclaration d’utilité publique (DUP), dès juillet 2003.
On croyait que les oppositions au projet étaient enfin levées. C’est désespérant.
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b - Une véritable base d’accueil sur le continent à la dimension de ce grand patrimoine permettrait de lisser la surfréquentation et surtout d’informer les visiteurs sur le Mont, la Baie, les régions avoisinantes de Cherbourg à Saint-Malo.
Nous avons continué à attirer l’attention des décideurs sur les nuisances que provoque une fréquentation trop massive du Mont-Saint-Michel en soulignant que les aménagements prévus dans le cadre du projet de restauration du caractère maritime du Mont-Saint-Michel, parkings et systèmes de navette, ont été conçus pour en permettre l’accès à un nombre toujours plus important de visiteurs. Apparemment aucun système de gestion des flux touristiques n’a été envisagé. Le Mont n’est pas la propriété exclusive des Montois. C’est un haut lieu de culture inscrit au Patrimoine mondial, un des joyaux de la France. Les préoccupations mercantiles si légitimes soient-elles ne doivent pas être prédominantes dans un tel lieu.
Nous continuons à plaider en faveur de la construction sur le continent d’une base d’accueil pour y installer les moyens techniques nécessaires afin de lisser les pics de surfréquentation, accueillir les touristes, les préparer aux conditions optimales pour visiter le Mont et les informer des richesses offertes par les régions avoisinantes de Cherbourg à Saint-Malo.
Il serait temps que ce projet s’intègre dans le cade de l’aménagement du territoire afin de donner aux régions voisines en pleine mutation, souvent en déshérence, la possibilité de profiter du formidable attrait que le Mont exerce et par un juste retour, d’obtenir la reconnaissance de l’effort financier qu’elles ont consenti en faveur du Mont. Le président du syndicat mixte, Philippe Duron, conscient de ces problèmes, a décidé d’améliorer l’accueil des visiteurs notamment en créant un centre d’information du tourisme régional d’une superficie de 600 m². C’est un progrès par rapport au point d’information prévu initialement qui avait une superficie d’environ 150 m².
Par ailleurs, l’AGEB a été désignée pour faire partie du comité de suivi du grand projet Mont-Saint-Michel.
Formulons un dernier souhait : que les crédits nécessaires pour les travaux Mont-Saint-Michel ne servent pas de variable d’ajustement budgétaire.
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Rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel, Actions 2004 - Perspectives 2005, par François-Xavier de BEAULAINCOURT Directeur général des services du rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel. Bulletin n° 31
Le début de l’année 2004 a principalement été marqué par les changements institutionnels du Syndicat mixte. En mars, les élections pour le conseil régional de Basse-Normandie et pour le conseil général de la Manche se sont traduites par un renouvellement important de l’exécutif du Syndicat mixte qui comprend huit membres de la région, six du département et les trois maires concernés par le projet : Pontorson, Beauvoir et le Mont-Saint-Michel. Monsieur Philippe Duron a été élu Président du Syndicat mixte, le 27 mai 2004, il est aussi Président du conseil régional de Basse-Normandie.
Dès lors la consigne a été de mettre la maîtrise d’ouvrage du projet en ordre de marche pour le lancement de la phase de construction. Cela se traduit par :
- Le recrutement du personnel du Syndicat mixte : fin 2004, six des onze personnes prévues ont été recrutées à commencer par le directeur général en avril.
- la mise au point, entre le Syndicat mixte et la Mission Mont-Saint-Michel (émanation de la DDE de la Manche, représentant de l’Etat financeur majoritaire du projet, assistant du maître d’ouvrage pour la conduite d’opérations) de la convention qui précise le rôle de chacun en phase de travaux.
Enfin, il est important de mentionner la décision de la Commission européenne du 16 avril 2004 qui attribue une subvention à hauteur de 17,15 millions d’euros.
Cette organisation et ces décisions valident de manière déterminante le lancement opérationnel du rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Concrètement, l’année 2004 a permis :
- La première intervention de l’INRAP (Institut National de la Recherche Archéologique Préventive) pour des fouilles sur les parcelles de la future emprise de chantier du barrage. Ces fouilles visaient à rechercher des traces de l’ancien cimetière des prisonniers du Mont. Une deuxième campagne a commencé le 6 décembre sur les emprises du futur parking.
- Une enquête parcellaire dans les communes concernées par les acquisitions foncières utiles au projet : dès l’avis favorable émis, lequel ouvre la possibilité d’exproprier, le syndicat mixte a démarré les négociations amiables pour les acquisitions foncières. Fin 2004, environ 110 des 150 hectares prévus dans l’enquête publique ont été acquis.
- La poursuite des études des cinq maîtres d’œuvre et bureaux d’études qui préparent les dossiers de consultation des futurs marchés de travaux. Ainsi :
• Les appels à candidature pour le marché des équipements du barrage ont été réalisés et les candidats retenus.
• Le marché de réalisation des mares à pédolytes a été lancé. Il a été attribué à la fin de 2004. Plus précisément, il s’agit de la création de mares qui vont permettre la migration d’une colonie de pédolytes ponctués (une espèce de crapauds cavernicoles) et ainsi la libération des terrains de l’anse de Moidrey sur lesquels seront créés douze kilomètres de canaux pour augmenter la réserve d’eau en amont du nouveau barrage et ainsi optimiser l’effet de chasse.
• Des forages et des sondages dans le lit du Couesnon dans la zone du futur barrage pour vérifier certaines hypothèses.
• L’élaboration du plan de transport pour l’acheminement et l’évacuation des matériaux (environ 2 000 000 m3 à déplacer).
• La procédure de consultation pour le choix du constructeur de la future navette : le choix devrait ainsi pouvoir être fait au tout début du deuxième trimestre 2005.
- L’élaboration d’une politique de l’emploi autour du projet. L’idée est d’anticiper sur les besoins en main d’œuvre générés par les travaux et de constituer une réserve d’emploi via l’insertion puis la formation. Cette initiative du Syndicat mixte est pilotée conjointement
Tout début 2005, le comité de pilotage du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel se réunira pour la première fois. Ce comité qui rassemble les décideurs politiques et les financeurs du projet permettra de présenter le planning recalé de la phase de construction mais surtout de marquer plus officiellement le lancement opérationnel de l’opération.
Le démarrage du nouveau barrage est prévu pour le dernier trimestre de l’année, c’est important car c’est ce démarrage qui, dans l’esprit du grand public, marque le début du chantier. Il est vrai que l’ampleur et les fonctions de cet ouvrage le rendent emblématique.
Pour autant, ce bilan 2004 montre que l’opération est effectivement entrée dans sa phase opérationnelle et qu’au cours de l’année 2005 vous pourrez voir cela se concrétiser sur le terrain… alors bonne et heureuse année !
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Rapport Moral Juillet 2003 V - Projet Mont-Saint-Michel, toujours en attente de travaux :
Cette attente se prolonge depuis trente ans
- L’AGEB a déposé ses remarques sur le projet de restauration du caractère maritime du Mont-Saint-Michel, dans le cadre de l’enquête publique
L’an dernier, l’Assemblée générale avait approuvé le projet tout en demandant que des inflexions y soient apportées.
Vous avez été très nombreux à envoyer des courriers initiés par l’AGEB au commissaire enquêteur. Quatre vingt treize lettres lui sont parvenues.
Les dépositions de l’AGEB ont été publiées dans le dernier bulletin. Brièvement, nous vous en rappelons les points essentiels :
- Soutien du projet, notamment de la restauration de la capacité hydraulique du Couesnon et de la construction du pont qui remplacera la digue.
- Inflexions demandées :
- Ouvrir les portes du barrage environ 3 heures après mer haute et non pas 6 heures après mer haute
o pour préserver la sécurité des promeneurs et des pêcheurs
o pour éviter l’accélération de l’ensablement dans la petite baie, au nord et à l’est du Mont
- A l’arrivée au Mont, pas de gué quasiment insubmersible, en fait une nouvelle digue dans l’espace libéré par la destruction de l’ancienne, mais la mise de l’ouvrage d’accès sur pilotis ou sur arches afin de permettre le passage de la mer et des courants.
- Eviter la multiplication des ouvrages pour diriger les courants et les contraindre : moustaches, épis de part et d’autre du Mont, épis déflecteurs dans le cours du Couesnon.
- Préserver la capacité érosive du Couesnon et ne procéder à sa bi-partition qu’à la condition que sa capacité hydraulique soit suffisante. Pour agir tant à l’Ouest qu’à l’Est du Mont.
- Pour lisser la sur-fréquentation il est demandé de ne pas sur dimensionner les parkings et de limiter la capacité et le nombre de rotations des navettes, en fonction de la capacité d’accueil du Mont.
- Pour accueillir et informer les visiteurs sur le Mont, la Baie et les environs, il est nécessaire d’édifier sur le continent une structure d’accueil digne de ce grand patrimoine culturel et naturel.
- Donner à ce projet sa dimension culturelle et spirituelle qui a été oubliée.
- A nos questions, la commission d’enquête n’a apporté que des réponses évasives, peu satisfaisantes
Par exemple:
Réponse à notre question sur le nombre des épis « les épis ont été créés au fur et à mesure des essais à partir d’une situation libre sans aménagement, ils ont donc tous leur utilité là où ils sont. »
La justification de ces épis basés sur des aménagements réalisés sur la maquette n’est pas satisfaisante quand on connaît le facteur d’incertitude d’une maquette.
Ou, à notre interrogation pour savoir si le gué avait été testé sur maquette et validé par le comité scientifique, il a été répondu « que le gué n’a pas été testé sur maquette. De toute façon, il se trouve sur une ligne de courant neutre en moyenne ». Pour nous gens de la Baie, cette réponse n’a pas de sens.
Si l’impact des ouvrages d’accès au Mont n‘a pas été étudié, c’est selon la commission d’enquête parce que : « ces ouvrages ne sont pas à l’échelle des effets hydro sédimentaires recherchés et réciproquement. Les prévisions du modèle réduit n’ont pas à être lues à l’échelle métrique. Les images de synthèse sont le réponse la plus neutre scientifiquement parlant que l’on puisse donner de ces deux aspects ». Dommage que la commission d’enquête ait oublié que pour le Mont de l’Archange, la meilleure des échelles est celle des anges. Revenons sur la terre, en l‘absence des données scientifiques souhaitables, les images de synthèse deviennent des images virtuelles.
- L’AGEB continue à plaider pour que des inflexions souhaitées soient apportées au projet
Nous continuons à intervenir auprès des scientifiques, des décideurs et de l’opinion.
- Nouveau report des travaux
Les travaux qui devaient enfin débuter cette année, ne commenceront que l’an prochain, au cours du second semestre.
Depuis trente ans, les projets se sont succédés, les études se sont amoncelées. Le dernier projet en date, celui qui fut lancé en 1995, prévoyait le début des travaux en 1998. Nous sommes en 2003, trente ans après que la décision de préserver le caractère maritime du Mont ait été prise. Et les travaux sont encore reportés à l’an prochain.
L’AGEB a lancé un appel pressant au Président de la République pour que soient enfin lancés les travaux promis depuis trente ans.
Pourtant deux signes encourageants nous confortent : la signature de la déclaration d’utilité publique et la présence à notre assemblée, de Monsieur François Malhomme, chef du projet.
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